|
My Chemical Romance : La Cigale, 1er novembre 2010 ( Warner Music )
« Vos parents doivent être très cools pour vous emmener dans des concerts de folie comme ça ». Voilà qu'en une phrase, le chanteur Gerard Way a résumé toute la soirée.
Les spectateurs sont jeunes, et sont aux 2/3 des spectatrices d'ailleurs. Les ados sont au pouvoir, e t ça s'entend dès que les lumières s'éteignent dans la Cigale. Des cris aigus surgissent des quatre coins de la salle et viennent percer les tympans de tous ceux qui ont plus de 20 ans. Une étude scientifique actuelle utiliserait d'ailleurs un groupe d'ados comme happeau à dauphin, leurs cris en « hiiiii » parvenant à être captés par ces bestiaux sensibles aux ultra-sons. La folie continue avec My Chemical Romance qui balance d'emblée son nouveau hit, « Na Na Na Na etc...) », qui s'impose déjà comme un tube. Petite surprise derrière avec le riff de « Thank You For The Venom » qui retentit. Ca commence vraiment avec autant de puissance sur scène que de ferveur dans le public.
Bien que le nouvel album ne sorte que dans 3 semaines, les américains ont quand même inclus une bonne poignée de nouvelles chansons à leur set list. Les kids connaissent déjà « The Only Hope For Me Is You », et ça chante déjà les paroles par choeur (ou comment occuper ses vacances scolaires). Même « Planetary (GO) » et sa rythmique clinquante à la Franz Ferdinand vient faire se trémousser les popotins, que ce soit en fosse ou sur un balcon sur lequel personne n'est assis. « Destroya » et son côté plus « hardcore progressif » n'aura en revanche pas emballé l'audience...
Ce qui l'aura emballé cependant, ce sont ces petits moments d'intimité que parvient à créer le groupe au milieu d'un show à l'américaine. Une touriste des USA est ainsi invitée à venir chanter avec eux leur vieux titre « Our Lady Of Sorrows », puis Gerard Way se précipite dans la fosse pendant qu'il chante le gigatube « Welcome To The Black Parade » (avec une intro reprise en choeur par une salle d'une ferveur dinguissime), parce qu'il a aperçu deux amis venus d'Angleterre ! Plutôt cool donc. De même que leur reprise du « Desolation Row » de Bob Dylan, qu'ils avaient enregistrée pour la BO des Watchmen et qu'ils interprètent ici dans un début de set list supersonique. Avec « Helena », « You Know What They Do To Guys Like Us In Prison » ou leur premier gros tube « I'm Not Okay », MCR aligne les tubes, et ne laisse la place qu'à deux possibilités : un set très court, ou une fin de set poussive. Cochez la seconde réponse.
Ce sont les titres mid tempo, presque ballades, qui sont balancés à la fin, avec « Mama » ou « The Ghost Of You », et le soufflet retombe. Même sur scène le groupe se calme sur ces morceaux. Gerard arrête de sauter partout, son frère Mikey (qui est désormais looké comme le bassiste de Placebo) se dandine moins. Le gratteux Frank Iero passe une soirée tranquille. C'est son anniversaire, la salle l'a déjà chanté deux fois. C'est donc la décontraction totale. Jusqu'à ce que le chanteur s'énerve un peu en lançant « Teenagers ». Apparemment quelqu'un lui a dit en interview que leur musique n'était que pour les kids. Il dit s'en foutre, mais passe 2 minutes à s'énerver là-dessus. Et quand il se met dos à la scène pour tortiller du cul, ce n'est sans doute pas pour titiller de l'ado en chaleur, hum ?
Bon, déjà l'heure du rappel. Il est quand même bientôt 21h30, et même si il n'y a pas cours demain, des parents attendent devant la salle pour récupérer leurs progénitures. Gerard revient pour un piano-voix sur « Cancer », qu'il commence en fumant (rapport au titre de la chanson), puis c'est « The Kids From Yesterday », nouveau titre à la 30 Seconds To Mars, qui conclût de façon mollassone la soirée. Bilan mitigé donc, à cause d'une set list mal agencée, qui sera peut-être corrigée une fois l'album sorti.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
|