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Nine Inch Nails – Eurock 2005 ( Universal )
La vie est belle en ce tout premier jour, pour les festivaliers. Enchaîner, sans même avoir le temps de pisser ni de s'offrir un kebab/frites/bière, Bloc Party ou Cocorosie, Queen Of The Stone Age, Interpol et Nine Inch Nails avant de se finir sur les Chemical Brothers... franchement, ça nous ferait presque oublier nos problèmes existentiels de riches européens.
À quelques minutes du début du concert de Nine Inch Nails, tandis que la température ambiante est montée de plusieurs degrés, nous attendons fébrilement la messe industrio-metallo-alternativo-rock célébrée ce soir par le grand prêtre du son métallique : Trent Reznor himself.Le temps de « The Fragile » nous paraît en effet assez loin : Nine Inch Nails n'est plus tout à fait aussi avant-gardiste qu'à la fin des années 90. Plutôt bon et lumineux, « With Teeth », dernier album en date, avait même dérouté les gothiques adeptes fidèles du groupe. Alors à quoi doit-on s'attendre en cette soirée légèrement humide ? Ambiance pop ou bruitiste ?C'est finalement la deuxième solution que choisit Trent Reznor. Loin de ses drogues et de ses jeux vidéos, il nous sert sur un plateau (de métal...) un son aussi gros que ses biscotos. Du marcel de cuir noir aux cheveux non-sponsorisés par les shampoings Dop, ça sent la testostérone et la sueur. Viril, le gars, quoi ! Ça, c'est pour l'attitude. Mais au niveau des décibels, là aussi, c'est du costaud : des guitares bien brutes, un son impeccable accompagné par une section rythmique qui pulse bien.Ne voulant en aucun cas s'aventurer dans ses chansons les plus sombres, Nine Inch Nails se contente de nous envoyer la sauce directement dans la gueule. En gros, nous avons droit à un pur concert de festival : pas vraiment fait pour les fans de hardcore mais plutôt pour ceux qui seraient venus voir le groupe ''en touristes''. Efficace, le single « The Hand That Feeds » en constitue la meilleure illustration avec son synthé répétitif. Difficile en l'entendant de ne pas bouger les fesses... et le reste.À défaut de plaire à ses fans habituels, Nine Inch Nails, direct et sans chichi, s'est efforcé de mettre le public plutôt généraliste des Eurockéennes dans sa poche. Mission accomplie : « Hé, Trent, tu as un nouveau public avec toi... tu peux retourner jouer à Tomb Raider ! ».
Frédéric Fahy
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