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Olivia Ruiz : Francofolies 2009 ( Universal )
Après le chien (qui a dit caniche ?) Julien Doré, au tour de la jolie franco-espagnole de se confronter à la chaleur de la grande scène de Saint-Jean d’Acre . Quoique la nuit est tombée depuis, et il fait plus frisquet. Mais Olivia Ruiz a sa propre recette pour réchauffer une soirée. Premier ingrédient : une petite robe typique mettant ses jambes en valeur, option décolleté boosté par un Wonderbra (de son propre aveu). En guise d’accompagnement, un orchestre qui a bien mijoté, et fait revenir toutes les subtilités des chansons de la rescapée de… la Star Academy.
Mais elle en a fait du chemin, la petite, depuis qu’elle est sortie de l’effroyable moule à buses. Elle a survécu aux cours de peinture d’Armande Altaï, résisté aux chorégraphies niveau « Danse des Canards » de Kamel Ouali, et a eu la bonne idée de ne pas gagner. Formatage évité. Alors ce soir, c’est sa fête. Et pour cela, les Francofolies lui réservent un concert spécial avec faute de français dedans : « Fête à Olivia Ruiz ». Retour donc à notre recette, et ajoutons l’ingrédient principal : l’énergie. Ca, elle n’en manque pas. Elle arpente la scène, danse, aguiche les premiers rangs de ces troublants regards ibériques, capables de faire fondre le marbre et bien des hommes. Les scènes de ménage se multiplient, les dialogues, plus ou moins inspirés (« Allez reviens à la maison, je te ferai une crêpe aux champignons ») sont au service de toutes ces scénettes de la vie, des liaisons dangereuses (les histoires d’amour quoi), le tout très finement orchestré.
Mademoiselle Ruiz a su bien s’entourer. Son groupe est au top, sublimant chaque chanson, comme l’ancienne « J’Aime Pas L’Amour ». Elle utilise sa carte blanche pour inviter ses proches, plutôt que des noms connus qui se succéderaient pour un prestige éphémère. Elle sait d’où elle vient, et semble savoir où elle veut aller. Et avec le caractère bien trempé qu’elle semble avoir, elle devrait s’y rendre sans soucis. Le concert entamé, elle le dédie à Orelsan, déprogrammé de dernière minute pour d’obscures raisons. Son frère vient rapper avec elle, et elle exige que tout le public soit mis en lumière pour qu’il puisse savourer. Elle juge la réaction du public insuffisante quand elle évoque les atouts dont Mère Nature l’a dotée, alors elle l’embrase de l’un de ses regards noirs. Ses jolies chaussures à talon ont été prises en photo, alors elle revêt ses bottines, et va s’assoir sur sa balançoire.
Olivia Ruiz s’est façonné son petit univers, entre enfant et adulte, entre français et espagnol, entre comptines et faits divers. Musicalement, la patte Dyonisos est reconnaissable. C’est normal, le chanteur Mathias partage la vie de la belle, et il est bien entendu convié à venir pousser une chansonnette qui parle d’un couple qui va… avoir un enfant. Et comme entre deux bonds, l’insaisissable chanteur caresse le ventre de sa douce, il m’est très aisé de lancer la rumeur qu’Olivia Ruiz est enceinte de son compagnon !
« La Femme Chocolat », « Elle Panique », tous les tubes y passent pour un public ravi, qui tape des mains, chante, et a le sourire tout le long du set. Deux rappels, dont le second vraiment dispensable avec le grand chanteur de Coming Soon déguisé en cow-boy, et Olivia Ruiz prend le temps de remercier tout le monde. Un grand salut général de tous les acteurs du concert, et la voici qui sous les conseils de son concubin s’avance pour goûter seule aux acclamations bien méritées du public. Humilité, sincérité, et un paquet d’énergie, voilà un sacré mélange qui fait que si Olivia Ruiz ne veut pas qu’on l’appelle madame, comme elle l’a chanté plus tôt avec les Coming Soon, force est de constater que dans la variété française, elle en est une. Et peut-être même la seule.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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