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Olivia Ruiz : Solidays, vendredi 7 juillet 2006 ( Universal )
Olivia Ruiz, alias « la Femme Chocolat » (et non pas « en chocolat » comme elle a pu être présentée durant la fête de la musique sur une chaîne hertzienne...), fait son entrée sous le chapiteau du Phénix connu pour ses printemps bourgeois aux affiches impressionnantes.
Robe rouge vif sur silhouette méridionale, Olivia Ruiz débute son concert sur l’air suave et chaud de « Quijote », en espagnol dans le texte et sur une musique hispanisante rock’n’rollisée à coup de guitare électrique bien saturée. Ensuite, arrive un petit titre au tempo calme mais au texte magnifique, histoire de laisser au public le temps d'arriver et de se mettre doucement dans l'ambiance ; c’est « Non-dits », écrit avec Christian Olivier des Têtes Raides même si le duo fait place ce soir à une version solo. Le show peut donc commencer.Histoire de montrer que « La Fille du vent » n’est pas là pour faire dans la demi-mesure ni le mielleux, « Goûtez-moi » donne le rythme et offre du son lourd. Conséquence : un réveil des festivaliers fraîchement débarqués. En vrai « lead singer », Olivia Ruiz fait participer son public, communique directement avec lui et présente ses chansons avec une aisance plaisante qui sonne vrai. On remarquera d'ailleurs que l'ensemble du groupe se donne à fond, à tel point que les chemises collent à la peau des garçons tandis que le maquillage dégouline sur les joues des filles (ce qui donne à Olivia un petit air de « Robert Smith », un surnom dont la chanteuse décide elle-même de s'affubler pour l'occasion…).La poésie des Dionysos baigne la musique de « I Need a Child » : écrite par Mathias Malzieu, cette chanson fait encore monter l’excitation d'un cran. Le public bouillonne, jubile et danse sur l’intro twist du premier single de la belle : « J’aime pas l’amour ». Décalage délicieux entre le swing du couplet et le refrain punky rock de ce tube boosté au point de devenir frénétique. Du coup, le festival commence à bouger sérieusement : on tient l’étincelle qui manquait encore pour achever de réveiller le Phénix. Avec beaucoup d’humour, Olivia Ruiz et son groupe pastichent ensuite grossièrement les chansons d’amour bubble-gum style « Tous les garçons et les filles » ou « Premier baiser » (qui ont à peu près la même mélodie...) pour terminer leur sketch par un « Ta gueule ! » servant d'introduction à une histoire d’amour à la sauce Ruiz : « L’escalier », un inédit réservé au live. Puis son hit du moment, « Je traîne des pieds », est chanté en chœur et soutenu par une foule devenue très démonstrative chanson après chanson.Oublié le temps où l’étiquette « Star FM-R » collait à la peau de la demoiselle : Olivia Ruiz se révèle une pointure en scène dès son deuxième album, réussissant la performance de toucher la sensibilité des spectateurs avec des histoires aussi personnelles que « Le Cabaret Blanc » tout en les amusant avec des chansons loufoques comme « Thérapie de Groupe ». Moins de ukulélé que précédemment, une orchestration irréprochable, un show de plus en plus drôle et rock : Olivia Ruiz est une artiste dont les concerts restent encore ignorés par trop de spectateurs ; il est temps d'y remédier.
Alexandre Blomme
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