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Orelsan : Bataclan, mercredi 13 mai 2009 ( Wagram )
Il pleut. Mais ça n’arrêtera certainement pas la trentaine de militantes, bien décidées à manifester contre les propos jugés sexistes d’Orelsan (cf la polémique autour du titre Sale Pute). A grands coups de mégaphones, de pancartes et de tracts créés spécialement pour l’occasion, elles interpellent ceux qui se pressent à l’intérieur et appellent au boycott. En vain, le fan d’Orelsan sait très bien pourquoi il est ici : pour s’amuser ! Et tant pis si le 2nd degré du rappeur n’est pas apprécié !
Après les très efficaces Sexion d’assaut, Orelsan fait son entré sur scène aux côtés de son pote de toujours Guillaume, alias Gringe, alias l’autre partie du binôme des Casseurs Flowteurs. Le décor est simple : une grande bâche siglée au nom de l’artiste, deux fauteuils et une table basse à gauche, Skread à droite, bien calé dans sa cabine de DJ.
Même s’il n’a qu’un album, Orelsan va nous démontrer en 1h30 qu’il n’est pas arrivé là où il est aujourd’hui pour rien. Bien sûr, ses anciens titres sont moins suivis par les fans de la dernière heure en majorité des jeunes filles qui crient très aigu). Mais ils ont tous la même force que ceux qu’on trouve sur l’opus Perdu d’avance. Malgré quelques petits manques de souffle par-ci par-là, Orel assure le show sans s’arrêter et avec le même humour qu’on trouve dans ses titres. Pour Changement, comme dans le clip, un lapin géant, façon Alice aux pays des merveilles, vient danser sur scène. Quand il tombe le costume, on découvre le grand black Ablaye, qui va assurer les backs pendant tout le concert. Les backs et le spectacle puisqu’on le retrouvera en danseur de hip-hop aux côtés de Skread pendant un interlude. Mais surtout, quand Orelsan demandera « qui veut que je chante Saint Valentin ? Je demande parce que je ne voudrais pas qu’à cause de moi, vous ressortiez avec l’envie de violer des meufs… », Ablaye reviendra en « cupidon du ghetto » torse poil et hilarant…
En dehors de la performance autour de morceaux que beaucoup connaissent par cœur, Orelsan aime les mises en scène. Comme quand, au milieu du show, il apporte sur scène un écran géant et demande à deux spectateurs de venir jouer au vieux Street Fighter. Une animation qui, au lieu de casser l’ambiance, chauffe la salle encore plus. Pareil pour son power point un peu moisi illustrant à merveille les propos d’Un gros poisson dans une petite mare. Jimmy Punchline lui donne l’occasion de se déguiser en boxeur avec ses deux acolytes. Et pour Sous influence, il s’amuse à offrir du whisky-coca à tous ceux des premiers rangs. Et sur Badabing, le groupe st rejoint par un jeune guitariste électrique qui apportera une touche rock assez rafraichissante.
Le final du concert sera à l’image de son rap : on commence par le pêchu Courrez courrez et on termine avec le si juste et intime Peur de l’échec : « Quand j’regarde mes clips, j’trouve que j’fais pitié. Ce que je raconte dans mes chansons c’est des clichés, c’est pas la vérité (…) Quand j’dis que je déteste les filles j’me donne du crédit (…) » Juste histoire de prouver que Orelsan, c’est juste tout sauf du rap sexiste.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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