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Ozzy Osbourne : Hellfest 2011
Tête d’affiche on ne peut plus emblématique pour le festival, Ozzy a pu compter sur un gang plus solide que jamais pour le soutenir dans un léger moment de faiblesse. Le guitariste Gus G. a même réussi le tour de force de succéder dignement à Zakk Wylde en apportant même de nouvelles nuances à la guitare.
Dans la fosse photo, alors que le Madman s’apprêtait à investir la scène, c’était l’angoisse. À quel moment allait-il ouvrir son canon à mousse pour asperger les premiers rangs et la meute de photographes dans une sorte de dommage collatéral ? Certains étaient même venus en tenue étanche, à défaut de scaphandre. Finalement, dans son immense mansuétude, Ozzy les a à peine effleurés, à part un malheureux qui avait pourtant pris sa dose à Paris. Une tête qui ne lui revenait pas probablement… Cela illustrera bien un show où celui qui semble être à nouveau devenu le patron chez Black Sabbath paraissait trop gentil, on ira même jusqu’à dire calme, ce qui est tout à fait inquiétant quand on le connaît. On l’a du reste échappé belle puisqu’il a dû annuler son apparition au Grasspop, en Belgique, une semaine plus tard. Après la brûlure aux U.V. l’an dernier, cette fois c’était une vilaine laryngite qu’il couvait. Notez que vocalement, connaissant les limites du chanteur, il n’a pas trop démérité, retenant même certains titres parmi les plus périlleux de son imposant répertoire. Contrairement à ce qu’on lancé certaines langues perfides, il n’a pas massacré “Mr. Crowley”, “Bark At The Moon”, “Road To Nowhere” ou “Crazy Train”, pas plus que la poignée d’évocations de Black Sabbath (“War Pigs”, “Rat Salad”, “Iron Man”, “Fairies Ear Boots”, “Paranoid”). En revanche, il semble avoir complètement oublié qu’il avait un album à vendre (Scream), en omettant même le très efficace “Let Me Ear You Scream”. En fait, il est même atteint d’amnésie sur tout ce qu’il a sorti depuis l’album No More Tears, il y a tout juste vingt ans. Et encore, sans sa chanson titre, hélas. Malgré cela, et pour reprendre son souffle de temps à autre, il pouvait s’appuyer en toute confiance sur sa nouvelle recrue. Si l’on doit comparer le guitariste Gus G. à son illustre prédécesseur, Zakk Wylde, ce qui semble inévitable, son attitude à la fois respectueuse envers le boss et tous les styles qu’il a abordés, du plus heavy au plus mélodique, sera tout à son avantage. Avec lui, les morceaux de chaque période (Black Sabbath, Randy Rhoads, Jake E. Lee ou Wylde) sont abordés avec toutes les nuances, alors que Wylde avait une fâcheuse tendance à toujours débouler comme un chien fou sans s’occuper du reste. C’était on ne peut plus appréciable sur les ballades à la “Mama I’m Coming Home”, “Road To Nowhere” comme sur les titres limite pop façon “Shot In The Dark”. De là à avancer que le Gus est un musicien plus complet et que l’on peut s’attendre à de bonnes surprises avec lui, il n’y a qu’un pas que l’on franchira aisément. Surtout après avoir vu le Zakk la veille. Si l’on en croit certaines indiscrétions, Ozzy renouera avec Black Sabbath l’an prochain et on devine que le Hellfest sera sur les rangs pour une date française. D’ici là, Ozzy, un bon grog et hop au lit. Photo : benoit Rony
Jean-Pierre Sabouret
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