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Prince : Londres 2007, l'after show
A peine le concert terminé, une partie de la foule se rue vers les issues et s’attroupe devant une salle attenante au stade IndigO2 pour l’aftershow. Viendra, viendra pas ? Tous les soirs, le mystère demeure le plus total jusqu’à la dernière minute. Tout dépend de l’état de fatigue de l’artiste et de son appréciation du concert.
Les portes du club s’ouvrent et les fans surexcités se pressent à l’intérieur. La salle peut contenir environ mille personnes et se remplit rapidement. Bon présage, la guitare de Prince trône à gauche de la scène et son ingénieur du son doté d’une oreillette s’affaire autour de l’instrument. Les lumières s’éteignent et le rideau s’ouvre sur… Beverley Knight ! Déception et surprise au sein du public. Ils s’attendaient à découvrir Prince mais la présence de la jeune chanteuse de soul les fait espérer. En effet, cette fervente admiratrice de l’artiste le cite régulièrement comme influence et inspiration. L’Anglaise n’est pas dupe : « Désolée ce n’est que moi ! ».
La diva fait preuve d’un charisme évident, digne d’Aretha Franklin, et démontre d’impressionnantes capacités vocales. Après quelques titres, ses musiciens sont rejoints par Maceo Parker et Morris Hayes, ancien clavier de Prince. On entend les accords d’une guitare bien connue provenir des coulisses. Le Kid de Minneapolis joue plusieurs morceaux, dissimulé derrière la scène. Puis il apparaît enfin, son instrument à la main. La simplicité de sa tenue et son naturel (pas de maquillage et pas de talons !) contrastent avec l’image grandiose du concert et donnent le ton. Le groupe reprend « Time Is On My Side » des Rolling Stones, « Piece of My Heart » de Janis Joplin et « Think About It » de Lyn Collins, porté par Maceo Parker. L’assistance se délecte des titres peu conventionnels, bootlegs (« Empty Room ») ou reprises que se plaît à jouer le groupe.
Prince est rejoint par Marva King, chanteuse américaine qui a collaboré avec lui sur les albums « Exodus » et « New Power Soul » sur « I’ll Take You There » des Staple Singers. La dimension résolument funky et soul de l’aftershow se poursuit. Chaque morceau est disséqué, démonté, réapproprié et recomposé en une œuvre nouvelle. La chanteuse/rappeuse Sheldy J apporte sa contribution sur « Girls and Boys » et « 3121 ». Prince emprunte la basse de Josh Dunham, sous les incantations de la foule « Come on Prince, play that bass ! » Il s’exécute avec plaisir et avec un talent remarquable. De retour au micro, il chante « “There Was A Time” de James Brown avec une voix étonnante, tantôt caverneuse, tantôt fluette devant un public médusé par tant de prouesses. Beverley Knight partage un medley de « Be Happy » de Mary J. Blige et « Ecstasy » de Barry White avec Prince. Enfin, l’artiste retourne à son répertoire avec « Controversy ». Il est cinq heures du matin, le concert se termine sur « A Love Bizarre » duo interprété avec Sheila E. dans les années 1980.
Prince ne semble absolument pas fatigué alors que nombre de fans ont investi les marches du club et que Maceo Parker semble au bord de l’agonie. Prince s’en va après un « Thank you ! It was funky right ?! » Le public quitte lentement les lieux, sonné par ce spectacle irréel et avec l’impression d’avoir assisté à une scène inoubliable, celle de l’histoire de la musique.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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