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Prince : Londres 2007
En ce vendredi 10 août, le stade IndigO2 dans le sud de Londres accueille Prince. Pour l’artiste, c’est le début du « Earth Tour », tournée-marathon de 21 dates consécutives et clin d’œil à son avant-dernier opus « 3121 ».
Les milliers de personnes venues applaudir l’artiste trépignent d’impatience et lancent naturellement une hola de dix minutes. Rien n’y fait, sa Majesté Pourpre se fait désirer et l’énergie de l’assistance commence à décliner. Mais soudain, les spots s’éteignent, des faisceaux lumineux jaillissent de la scène circulaire et des nuages de fumée émanent des recoins de la salle. Les musiciens et les danseurs sont en place et ouvrent le concert avec « 3121 ». Prince apparaît enfin, surgi de nulle part, dans un accoutrement rouge et noir et une de ces chemises bouffantes époque « Purple Rain » qu’il affectionne tant.
Le groupe joue les plus grands succès populaires du Kid de Minneapolis (« Purple Rain », « Girls and Boys », « Kiss », « Cream ») parsemés de petites perles destinées à un public de connaisseurs. Il reprend aussi des classiques de soul et de funk notamment « Down By The Riverside » soutenu par le clavier subtil et poétique de Renato Neto. Prince entonne ensuite « Shhh », slow sulfureux extrait de l’album « The Gold Experience » où il s’aventure dans un solo de guitare démentiel réalisé avec une seule main tandis que l’autre bat la mesure, le tout avec une aisance déconcertante.
Au milieu de « Musicology » Prince s’exclame : « Les jeunes, prenez vos instruments ça ne fait de mal à personne et c’est funky ! Que pensez-vous de ce groupe ? Aucune machine au monde ne peut faire ça ! » Cora Coleman-Dunham, jeune batteuse récemment recrutée, entame alors un solo inspiré de Sheila E. Prince sollicite constamment l’audience et ponctue ce jeu interactif de touches d’humour : « J’adore Londres mais je ne sais pas où dormir ce soir… Est-ce que quelqu’un pourrait me dépanner ? » Ce à quoi la foule répond par un hurlement furieux.
La magie et la force des concerts de Prince reposent sur une illusion d’improvisation et de spontanéité alors que chaque détail est minutieusement pensé et le spectacle impeccablement rodé. Ici encore, on se demande si ces réflexions lancées à l’assemblée naissent dans l’instant où sont le produit d’un travail de préparation en amont. Peu importe au fond, car l’enchantement subsiste. L’audience se voit ensuite réquisitionnée pour chanter les chœurs de « Funky London », jam funkissime sublimé par le saxophone de Maceo Parker. La frénésie fait place à l’intimisme quand Prince et le tromboniste Greg Boyer nous offre un voyage acoustique avec des interprétations poignantes de “Little Red Corvette,” “Raspberry Beret” et “Sometimes it Snows in April.” Le rappel « Get On The Boat » revisite l’univers funky de l’artiste et finit en apothéose de cuivres. Prince quitte la scène, mais pas pour longtemps… A suivre.
Éloïse Bouton
Eloîse Bouton
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