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Pulp: Vieilles Charrues 2011, Carhaix
Jarvis Cocker est un fou. Mais un dandy génial tout foufou. Ce qu’il a une nouvelle fois prouvé en ouverture des Vieilles Charrues, brindille bondissante et enthousiasmante.
C’est entouré des cinq musiciens originaux du groupe, devant un grand « Pulp » écrit en néons disco roses et bleus, que Jarvis Cocker entre sur la scène Jack Kerouac, une des plus grandes des Vieilles Charrues. Il fait beau, le public est au rendez-vous et le chanteur semble être au top de sa forme. En costume cintré noir, cravate rouge, il prend le micro alors que son clavier, son batteur et ses trois guitaristes-bassistes lancent les premières notes de Do You Remember The First Time. La sauce n’a pas encore vraiment eu le temps de prendre que, déjà, Jarvis saute, tel une grande sauterelle, sur une baffle, pour chanter. Nous ne dirons pas vraiment pour « danser » car les mouvements de bras de ce grand échalas tout sec ressemblent plus à des spasmes qu’à du Kamel Ouali… Une chorégraphie toute anarchique qui colle parfaitement à sa musique échevelée et génialement inclassable dans la grande famille du rock. L’on retrouve très vite l’énergie galvanisante que l’on a toujours tant aimée chez Pulp et Jarvis et ses gesticulations y sont pour beaucoup. Alors qu’une vidéo montrant le public de certains de ses concerts passe sur les écrans en fond de scène, Jarvis enchaîne avec Monday Morning. Les caméras du festival font de gros plans sur les musiciens et l’on se rend compte que, si Jarvis n’a (presque) pas vieilli, hormis les lunettes très mode qu’il arbore, ses musiciens, eux, semblent tout droit sortis d’une version musicale du film Cocoon. Au clavier, l’on trouve une maman d’une bonne quarantaine d’années, au style style Marianne Faithfull, un gratteux échappé d'une maison de retraite et un informaticien moche à la basse (cf. Dicky The Duck, notre collaborateur). Qu’importe, malgré le décalage visuel, ils interprètent avec passion Mis-Shapes. Inspiré par le nom de la scène sur laquelle il se trouve, Jarvis décide alors de citer du Kerouac : « The only truth is music. » Il prend une guitare électrique et lance « another song we haven’t played for a long time », Something Changed. En sueur, il demande, avec son charme british imparable : « Do you mind if I get off my jacket ? » Il fait alors ses fonds de poches et trouve des bonbons qu’il envoie au public. Et c’est toujours avec ce même mélange d’humour anglais et de classe universelle qu’il explose sur Disco 2000, paré de sa belle chemise vert d’eau. Alors que les animations, des carrés multicolores aux photos de friandises acidulées, clignotent sans cesse derrière lui, sur les écrans à diodes, Jarvis continue de prendre des poses, tel un mannequin- crevette. Il jongle avec les guitares pour jouer le plus planant Sorted For E’s & Wizz puis I Spy et Babies en citant à nouveau Kerouac : « Houses are full of things that gather dust » et en sautant à nouveau sur deux bafles, un pied sur chacune des deux. La classe internationale. Pour Underwear, il avance dans le public avec un bâton doté d’une mini-caméra et assène « I can see inside your stomach ! » Diablotin gesticulant, il ressaute sur une grosse enceinte et fait monter en érection son micro avant un This Is Hardcore enflammé. Nouvelle citation de Kerouac, « Happiness consists in realizing it is all a great strange dream » et Sunrise, pour calmer un peu le palpitant. Terminant avec le survolté Common People, accompagné du violoniste d’Olivia Ruiz, il crie, toujours pince-sans-rire, « Have a good festival. I’ll be around. If you see me, buy me a drink ! » Adeline Lajoinie
Frédéric Fahy
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