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Raphael Saadiq: Printemps de Bourges 2011
Une des forces des grandes forces de Raphael Saadiq, c’est la scène. Et ce, depuis des années. Entouré de musiciens hors pair et complice, il a montré que extraordinaire soulman il était. Une fois de plus.
On le comprend dès le début, Raphael Saadiq a l’habitude de la scène. Et ses musiciens aussi ! Avec lui, l’on trouve deux guitaristes, un bassiste, un clavier, un batteur, mais, surtout, deux choristes hors pair, un homme et une femme, bien plantureuse comme il faut, qui vont danser, frapper des mains et poser leurs puissantes voix sur la sienne pendant la belle heure de show qu’il nous donne à Bourges. Le grand Saadiq arrive en courant sur scène, vêtu d’un tee-shirt tunisien blanc à manches longues (qui moule parfaitement ses abdos) et un pantalon gris de ville (mais qui épouse à la perfection ses petites fesses rebondies). Le très bel homme est visiblement à l’aise et son public l’attend avec impatience. Dès le premier titre, les bras se lèvent et se balancent au dessus des têtes. L’on début par Stayin’ In Love et l’on continue avec un savant mélange de son dernier album, l’excellent Stone Rollin’ et du précédent The Way I Seet It. Plus rock que jamais, il prend assez vite une guitare électrique pour ajouter encore plus de riffs à sa musique. Mais ce qui explose aux oreilles, c’est que, contrairement à son camarade Aloe Blacc, par exemple, sa musique groove dés les premiers instants et emporte toute l’assemblée dans ses rythmes fous. On sent tout de suite les réminiscences de la Motown. Au bout de deux-trois titres, l’artiste repart en coulisses et revient avec son célèbre chapeau pour interpréter Stone Rollin’. Ses jambes, complètement dingues, semblent indépendantes du reste de son corps et dansent alors une sorte de twist endiablé. Claquant des doigts, il chante alors son titre ultra love et sirupeux à souhait Dance Tonight. La soul se mélange allègrement avec des guitares toutes électriques, les corps se balancent et se rapprochent au fur et à mesure de ces titres, à la fois hommages à la musique des seventies et véritables bijoux de modernité. Dans l’interprétation et le jeu dansant, Raphael s’approche cependant clairement d’un Marvin Gaye version années 2000. Les titres se suivent et ne se ressemblent jamais, provoquant une surprise galvanisante. L’on saute d’un Heart Attack ultra dansant à un Keep Marchin’ très old school en passant par les devenus classiques Sure You Mean It, Daydream, Big Easy ou 100 Yard Dash. Sa choriste, à la voix mielleuse, vient prendre place à ses côtés pour les morceaux plus doux, ces ballades qui font, à chaque fois, monter la température. Alors qu’il interprète Good Man, morceau hautement cinématographique, l’on sent toute la tension émotionnelle que ce grand soulman est capable de mettre dans ses morceaux. Arrive ensuite un petit medley de certaines de ses chansons les plus soul et groovy. Il présente alors ses musiciens et nos cœurs se brisent à l’idée de devoir le quitter. Une dernière petite version de Stayin’ In Love pour la route, un « mirci bicoup » très touchant et bye bye sir Saadiq. A la prochaine ! Adeline LajoiniePhoto : Hervé All
Frédéric Fahy
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