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Refused : Festival Groezrock, le dimanche 29 avril 2012
La Suède est le troisième pays du rock'n'roll. Les USA, la Grande-Bretagne, et le pays des meubles Ikea assaisonnent depuis des années la planète de leurs riffs de guitare. Dans le domaine du punk notamment, les enfants de la croix jaune sur fond bleu envoient les plus belles réponses européennes.
The Hives, Millencolin, Royal Republic, les incroyablement sous-estimés Randy... et Refused. Un groupe anodin à l'époque, et devenu culte en une dizaine d'années grâce à un album incroyable de créativité, "The Shape Of Punk To Come". Seulement voilà, à l'instar de Marty McFly jouant "Johnny Be Good" devant un auditoire médusé lors de son retour dans le passé, les gens n'étaient pas prêts. En avance sur leur temps, les suédois de Refused avaient tout compris et ont tout amené. Avant de partir dans l'indifférence. Et de revenir en 2012 dans la joie. Alors au-delà des polémiques sur leur intégrité (cachet astronomique, déclarations contraires à peine un an avant), c'est avec beaucoup d'appréhension que 25 000 personnes guettent l'arrivée du mythe sur scène pour conclure deux jours de folie en Belgique.A tel point que bien des kids qui ne devaient pas connaître le groupe auparavant ont dû découvrir Refused en préparant leur festival, en se demandant quel pouvait être ce groupe en tête d'affiche du Groezrock. Il y a aussi un effet hype, avouons-le, avec quelques hipsters s'étant glissés par là pour pouvoir poster en direct une photo sur leur compte Instagram. Si la tente est surblindée alors qu'un immense rideau cache la scène, au moins 50% des gens qui s'y trouvent ne doivent connaître de Refused que leur gros hit "New Noise", et ce riff de guitare qui va faire péter les plombs à l'assemblée dans quelques dizaines de minutes...Le rideau tombe, et "Worms Of The Sense / Faculities Of The Skull" est lâché. Le quintet est bien là, avec une énergie représentée par son frontman, Denis Lyxzén, qui commence tout de suite à faire tourner son micro en l'air, à haranguer la foule et se hisser sur les retours et n'importe quel autre support qui lui permette de jouer à chat perché. L'hystérie des premières minutes retombe quelque peu alors que défilent "The Refused Party Program", "Liberation Frequency" ou "Rather Be Dead". "Summerholidays VS. Punkroutine" vient un peu faire monter une ambiance qui sans être terne transpire l'appréhension. Beaucoup sont là par la curiosité, et en dehors de quelques milliers de fans qui vivent le moment à fond en chantant chaque parole, beaucoup attendent un seul titre. Comme on est dans un festival de punk et hardcore, il y a en aussi dans le pit qui s'adonne à une véritable guerre sur "Everlasting" par exemple. Vient le moment du rappel. Ce moment que tout le monde attendait, celui du morceau tant espéré. Le riff de guitare, la rythmique, puis l'accalmie, avant que 20 000 gosiers n'éructent en même temps le "Can I Scream" du tube "New Noise". Et c'est parti pour une séance de jumping général complètement épique. L'hystérie vient de se voir attribuer une nouvelle image possible pour les encyclopédies illustrées. Sur le pont, les paroles tellement fédératrices pour un festival consacré à un genre aussi alternatif et underground que le punk-rock sont encore scandées: "We dance to all the wrong / We enjoy all the wrong moves". La tente est rincée, et le chanteur Denis fait tomber la chemise avant de remercier la foule de l'envergure donnée à son groupe, et c'est la sombre "Tanhauser / Derive" qui vient conclure le show, sans doute pour permettre à beaucoup de reprendre leur souffle. C'est qu'il ne fallait pas en manquer, pour plonger pendant deux journées entières dans une édition 2012 du Groezrock absolument grandiose.
Sébastien Delecroix
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