|
Renan Luce : Printemps de Bourges 2008 ( Universal )
La grande salle du Phénix est pleine en ce premier jour du Printemps de Bourges. Quand le doux Renan Luce, jeune révélation de la chanson française, fait son apparition, les cris fusent. Des cris stridents qui semblent dénoter une très grande présence féminine.
Dés les premières notes de 24h01, le doute n’est plus possible. Les voix qui reprennent en cœur chaque parole sont très aiguës. La salle est envahie de fans de sexe féminin et les hommes qui sont là sont surtout des accompagnateurs. Renan Luce le sait et, dés le début, il n’hésite pas à expliquer quelle horrible nuit il a passé, une nuit blanche comme il en a eu souvent à cause des filles mais qu’il ne pouvait pas ne pas venir parce-que « je crois que je suis tombé amoureux de vous. » Re-cris.
Malgré une très récente extinction de voix, Renan enchaîne les morceaux de sa voix discrètement voilée. Simplement vêtu d’une chemise noire et d’un jean, guitare en bandoulière, il assure cependant un show minimum. Chaque titre est introduit pas une petite histoire qui se termine par un « et ma chanson s’appelle ». Un dialogue qui voudrait être improvisé « pour l’ambiance » mais qui sonne très écrit, tout sauf spontané. Mais honnêtement, les fans s’en foutent. Elles sont en transe, du premier au dernier rang, happée par le charme du chanteur qui leur raconte un peu ses histoires intimes.
Seule surprise du concert, une très belle reprise de « Je suis un voyou » de Brassens, que Renan Luce appelle « une chanson à moustache. » Sinon, l’album Repenti est égrainé sans fioriture. Lacrymal Circus donne lieu à une folle danse un peu folk, Repenti à une reprise de chants à tue-tête. Et comme pour obliger son public à rester jusqu’au bout, le jeune homme n’interprète ses deux gros tubes, La Lettre et Les Voisines, qu’à la toute fin du show, s’excusant des cafouillages et de l’absence de son accordéoniste. Rien d’autre à dire que « ouais, bof… »
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
|