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Rodrigo y Gabriela : Printemps de Bourges 2010 ( Because music )
C’est vraiment ce qu’on appelle un groupe de scène. Enfin, plutôt un duo. Et quel duo impressionnant ! Ces deux-là n’ont pas besoin d’une batterie ni d’un clavier, leurs guitares sèches, électrisés par moment, leur permettent de se la jouer orchestre avec peu de moyens et une énorme dose de talent. Ces compagnons de cordes depuis plus de 15 ans grattent leurs guitares en bois comme si elles étaient en métal. Bien que mexicains d’origine, c’est chez Pantera, Metallica et Sepultura que Gabriela Quitero et Rodrigo Sànchez ont puisé leur inspiration. Et aussi dans les rythmiques flamencos. Dont ils ont multiplié la vitesse par dix. Cela parait impossible et pourtant, la vitesse et la dextérité de leurs doigts sur les cordes et bel et bien au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.
Ces anciens musiciens de rue savent clairement ce que c’est qu’un bon show. Ils ne sont que deux mais pas besoin de plus pour mettre le feu. Dés le départ, leur rythmique folle et leurs performances surhumaines emportent le public qui offrira un océan de mains qui frappent dans les airs du début à la fin. Tel un film muet, un concert de Rodrigo y Gabriela se regarde avec le cœur et les tripes. Enchainant les titres rock et hispanisants, les deux compères posent très vite chacun leurs spécificités. Gabriela, c’est la technique. Une capacité à jouer un brulant flamenco tout en se servant de sa guitare comme d’une batterie ou une boite à rythmes. Rodrigo est plus dans la force et la rythmique de base. C’est d’ailleurs lui qui se pose en front de scène et divise la salle en deux ou en trois en inculquant à chaque fois des rythmes différents quel le public doit reprendre en claquant des mains. Plus tard, il met sa guitare entre ses jambes, s’assoit et s’en sert comme d’un djumbé.
Si c’est ensemble qu’ils sont le plus impressionnant, chacun s’offre son solo. Et l’on doit avouer que si le rock de Rodrigo est très entrainant, les morceaux interprétés seuls par Gabriela sont de véritables perles de technique. Les projections, en fond de scène, montrant de prés ses jeux de doigts confirment, s’il le fallait, que cette jeune femme à l’énergie constante est sans conteste l’une des meilleures guitaristes de sa génération. Pendant plus d’une heure, toute l’assistance a été subjuguée par cet instrument extraterrestre qui remplace tous les autres à lui seul. Grâce à des techniques qui leur sont propres, Rodrigo et Gabriela arrivent à faire des riffs électriques avec une guitare sèche et même produire des sons carrément électros. Il faut nécessairement le voir pour le croire et, même si leurs albums sont excellents, ils ne retranscrivent pas un dixième de l’extraordinaire émotion ressentie pendant leur concert.
Adeline Lajoinie
Photo : Daniel Bardou
Lajoinie Adeline
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