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Rohff : Printemps de Bourges 2009
« Est-ce que vous êtes prêts pour le numéro 1 ? » Dés les premières secondes, Rohff annonce la couleur : un écran géant où défilent des images de tempête, du très très gros son et une triple estrade sur deux niveaux où ses deux backeurs, Glaxo et Mister Jo, tee-shirts noirs et dorés à l’éffigie du MC, rappent à ses côtés. La fosse et les gradins n’auront jamais été aussi remplis, ce soir-là.
Jean, tee-shirt et petit cuir marron, micro-poignée siglé à son nom, démontre que les rappeurs aussi ont la classe. La Grande Classe même (désolée, vanne pourrie, référence poussive à un de ses morceaux, on fait ce qu’on peut…). Sans même une intro, le show débute direct par Pour Les Vrais. Sur J’Arrive, un equalizer vient, sur l’écran géant, démontrer toute la puissance de son de Roh2f. Les basses ont été poussées à fond et le flow d’Housni vient se poser impeccablement sur toutes les instrus. La technique, parfaitement maîtrisée et le charisme sont clairement au rendez-vous.
Manque, par contre, une énorme touche de chaleur. Qui serait peut-être passée inaperçue dans un autre contexte. Mais après Kery et Médine, si proches et communicatifs avec leur public, le show de Rohff manque un peu d’humanité. Il ne prononcera le nom de Bourges qu’au bout de ¾ d’heure et ne s’adressera à l’assistance que pour demander de crier ou de lever les bras. Au bout de trois morceaux, il se fendra simplement d’un « mon rap n’est pas engagé, il n’apporte pas de solutions aux problèmes mais vous ne pouvez pas m’empêcher de parler. » Ce sera le seul (gros) bémol de ce concert.
Pour le reste, on est dans une précision digne d’un show à l’américaine. Les morceaux s’enchaînent et les vidéos diffusées en arrière-plan sont d’une rare qualité, apportant un vrai plus aux propos. Les fans, sur-excités, reprennent par cœur tous les morceaux, de La Puissance à Sévère en passant par l’Expression du Malaise, Repris de Justesse, 94, La Hass ou Rap Game. Même quand il interprète un nouveau morceau, issu de la prochaine compile Talents Fâchés 4, tout le monde ré-entonne le refrain au bout de quelques secondes.
Car Rohff a une arme secrète, qui nous explose encore plus à la gueule en concert : des refrains imparables comme personne n’en fait dans le rap français. Si on peut parfois lui reprocher son manque de message, on ne pourra jamais lui reprocher son manque d’efficacité.
Dans le genre egotrip géographique avec Paris ou reggae avec Progress, il emporte irrémédiablement son public avec lui sans rencontrer aucune résistance. Briquets en l’air pour Pyromane, les fans, assez jeunes, restent pendus au lèvres du rappeur pendant son Testament, dont il fait mine de lire en partie les paroles sur l’écran derrière lui, ce qui apporte un degré supplémentaire à la force des lyrics.
Fin de concert oblige, le Dirty Houss’ fait jumper tout le monde et La Grande Classe provoque des cris de joie de malade.
Les fans, ravis, sortent exténués de ce concert et de cette grande soirée Hip-Hop. Bourges a mis la barre vraiment très haut cette année en matière de popopopo!
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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