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Scorpions : Hellfest Clisson, 18 juin 2011
Décidément, les têtes d'affiches s'étaient donné le mot pour ne pas être à la hauteur de l'honneur qui leur était accordé par le Hellfest. Même si c'était largement moins désolant que Rob Zombie la veille, Scorpions était loin d'être au top, surtout vocalement...
Après un Sting In The Tail réjouissant, le 17ème album en plus de 45 ans de carrière, le récent concert de l'Olympia avait fait l'unanimité. À tel point que personne ne croyait aux prétendus adieux du groupe. Les musiciens affichaient une forme olympienne, ne ressemblant guère à des rockers usés en période de préretraite. On n'en dira guère autant de la prestation poussive assurée par des Scorpions à court de venin.Le seul élément de décors vraiment impressionnant était cet écran géant qui rivalisait avec celui du Hellfest. Mais c'était une arme à double tranchant. Dans les nombreux moments de flottement, il accentuera le manque de dynamisme du chanteur Klaus Meine et de ses complices. Même le d'ordinaire sémillant Rudolph Schenker paraissait un peu perdu, incapable de pousser les troupes en première ligne.On pourrait en outre croire, que, adieu ou pas, le groupe se sent obligé de jouer une liste de titres des plus prévisibles pour ne pas prendre de risques. Mais cela cantonne Scorpions à l'essentiel de Blackout (“Blackout”, “Dynamite”), Animal Magnestism (“Make It Real”, “The Zoo”, avec une jolie prestation de Matthias Jabs à la talkbox) et surtout Love At First Sting (“Bad Boys Running Wild”, “Rock You Like A Hurricane”, “Big City Nights” et l'inamovible “Still Loving You”)... Hormis la très attendue ballade “Holiday”, dont le caractère apaisé avait au moins l'intérêt de ne pas souligner la méforme des musiciens, ou encore le robuste “Coast To Coast”, dont la forme instrumentale avait au moins l'intérêt de ne pas souligner la méforme de Klaus, ou un solo de batterie miteux, lequel, en revanche, soulignait la méforme surprenante de James Kottak (tout en reconstituant plus ou moins la saga de ses employeurs), le répertoire archi rabâché du groupe ne provoquait donc guère l'hystérie, tant dans le public que sur scène.Tant qu'à faire, surtout s'il fait ses adieux et qu'il n'a donc plus à craindre pour son avenir (à moins qu'il ne se fasse de nouveau escroquer par son bassiste), le groupe aurait pu se reposer plus sur sa dernière production en date qui est on ne peut plus digne de ses (très) anciens méfaits. Les trois maigres extraits de Sting In The Tail, “The Best Is Yet To Come”, “Sting In The Tail” et “Raised On Rock” ont finalement été accueillis avec plus que de la mansuétude par une foule qui était de toute façon des plus indulgentes. Scorpions aurait dû en profiter. Ne serait-ce qu'avec un “The Good Die Young” ou un “SLY” (deux des nouvelles ballades), il aurait cloué le bec à ceux, rares fort heureusement, qui criaient au scandale parce que le groupe n'a pas joué “Wind Of Change”.Photo : Benoit Rony
Jean-Pierre Sabouret
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