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Serj Tankian : Rock en seine, jeudi 28 août 2008
Fait intéressant : ce sera la première année où le metal aura autant été représenté à Rock en Seine (sous toutes ses formes, hein, allez pas commencer à me ressortir l’organigramme des subdivisions du genre).
La première conséquence de cette ouverture nouvelle – entamée l’année précédente avec les transes métalliques de Tool – est avant tout vestimentaire : des T-shirts Rammstein, Iron Maiden ou Metallica se sont mêlés cette année à la faune traditionnelle des mini-Pete Doherty parisiens ayant reçu leur panoplie de rockeur au dernier Noël (jeans slim, Converses, T-shirt Ramones), égratignant au passage l’image résolument « bobo » du festival.
Problématique subsidiaire à cette édition : la bataille officieuse que se sont livrée sur scène à 24 heures d’écart Serj Tankian et Daron Malakian, les deux têtes pensantes d’un des combos metal les plus excitants des années 2000, System of a Down, actuellement séparés d’un commun accord le temps d’arpenter les charts en solo ; le premier sous son propre nom, le second en qualité de leader de Scars on Broadway.
Définitivement plus charismatique que son ancien camarade guitariste, Tankian part avec une avance plutôt confortable. Un faciès avenant traversé de sourires parfois inquiétants, une générosité, une modestie et un humour décomplexé (il gratifiera l’assistance de quelques blagues bien grasses enroulées dans son irrésistible accent arménien) finissent de le différencier d’un Malakian engoncé dans une posture de triste sire mégalomaniaque auto persuadé de son génie (ce dont, par ailleurs, il se rapproche certainement – ce n’est quand même pas une raison pour la ramener comme ça). Mais c’est au niveau musical que le schisme est le plus troublant : l’un comme l’autre s’est réapproprié son apport à System of a Down à part égales.
Pour ce qui est de Serj, on retrouve évidemment cette voix caractéristique, incapable de choisir entre la caresse et le coup de poing, à l’instar de ces furies métalliques entrecoupées de passages plus atmosphériques, véritable marque de fabrique des Californiens. Tout de blanc vêtu, le haut de forme vissé sur la tête, Tankian officie comme chef d’orchestre et mène à la baguette ses Flyng Cunts of Chaos (ce nom…) tout au long d’une revue bruitiste réjouissante, durant laquelle s’enchaîneront les titres de son unique album, Elect the dead : « The unthinking majority », « Empty walls », « Sky is over », « Lie lie lie », « Praise the lord and pass the ammunition » et même un « Money » saisissant, fusionné pour l’occasion avec le « Money money » d’Abba. Humour, toujours.
Michael Rochette
Michael Rochette
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