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Sexion d'Assaut : Printemps de Bourges 2010
C’était clairement le groupe le plus attendu de la journée. Tout du moins du côté des salles du 22, à Bourges. Les 7 MCs de choc parisiens - par ordre alphabétique Adams Diallo, Black Mesrimes, Doumas, JR Okrom, Lefa, Maître Gims et Maska, ont vraiment créé le buzz depuis l’an dernier en enchaînant les premières parties et en attendant pour sortir leur premier album, du coup très attendu.
Pendant les deux concerts précédant de celui de la Sexion d’assaut, le public n’a cessé de crier le nom de leur nouveau groupe préféré. Et les 200-300 personnes présentes ont donc bien eu le temps de se chauffer - à coup de petites bagarres et de montée sur scène intempestives, entre autres. Arrive donc le moment tant attendu. Et là, c’est Dry, grand frère de la Sexion, accompagné aux backs de Dawala, manager et créateur du label Wati B, qui arrivent. Pas bégueule, le public suit les interprétations très réussies de l’autre moitié d’Intouchable sans broncher. Et, de Fidèle au poste à ViceVersa (son morceau originellement en feat avec Diam’s), le rappeur assure le show avec cinq très bons morceaux.
Mais, il faut être honnête, ce n’est pas vraiment lui qu’on attend. Et quand les MCs habillés de rouge et de noir déboulent pour interpréter L’école des points vitaux, le premier single de leur album éponyme, ce n’est plus une liesse, c’est carrément la folie furieuse qui s’empare des spectateurs. Ça jumpe dans tous les sens et, surtout, ça monte sur scène malgré la présence très importante de la sécurité. En plein milieu de T’es bête ou quoi ?, les rappeurs sont obligés d’arrêter leur prestation pendant une grosse dizaine de minutes, dépassé par le nombre de fans qui les accompagnent au micro. Et, malheureusement, ces interventions spontanées et fatigantes d’un public qui veut sa part de gloire ne s’arrêteront pas du show. Casquette à l’envers, leur dernier et très bon tube, ne fera qu’attiser ces envies irrépressibles. Les rappeurs tentent de calmer la foule, de rappeler « on est juste là pour vous, pour faire la fête les gars », rien n’y fait ! La troupe dans son entier ne tient même plus sur scène et certains des artistes sont obligés de rester en fond de scène. Ce qui est d’autant plus dommage que ceux qui ont déjà vu la Sexion en live savent que leur énergie bondissante et d’autant plus accentuée par leur présence numéraire.
La Sexion continue le show coûte que coûte. L’incroyable technique des flows, si elle est de moins en moins visible, au premier sens du terme reste tout à fait prégnante. L’équipe revient dans son entier, aux côtés de Dry pour un désormais célèbre Wati bon son, suivi d’un nouveau – mais déjà repris en chœur et par cœur, Wati by night. Une chose est sûre et certaine, le premier album de ce groupe est un succès et le public les connaît déjà par cœur. Cependant, grosse déception pour ceux qui rêvaient de les voir sur scène. Si l’on peut apercevoir, entre la demi-douzaine de mecs de la sécu en rouge, un Gim’s qui offre une performance vocale impressionnante sur Désolé ou un Adam’s qui improvise un moonwalk, on n’en verra pas plus. Six petits titres, un show gâché par un public un peu trop motivé, le concert tant attendu a quelque peu fini en eau de boudin. Tant pis, il va falloir attendre de les voir sur Paris, au Zénith le 5 novembre…
Adeline Lajoinie
Photo : Daniel Bardou
Lajoinie Adeline
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