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Sexion d’assaut : Printemps de Bourges 2011
Au bout de plus de quatre heures trente d’attente, les fans de la Sexion peuvent enfin voir leurs idoles offrir un beau show de plus d’une heure avec tous leurs tubes dedans !
C’est après le show du toujours aussi efficace et énergique Soprano qu’arrivent enfin les Sexion d’assaut. On a un peu l’impression, en entendant la jeunesse qui compose la majorité du public, que tout le monde est venu pour voir ce groupe en particulier. On assiste donc à des hurlements d’un niveau bien supérieur au reste de la soirée quand s’ouvrent les rideaux sur Black M et Lefa, entonnant leur célèbre Casquette à l’envers. Tout habillé de blanc, en survêt très classe, ils sont vite rejoints par Black M, sous de nouvelles acclamations. Puis par JR O Crom, bien applaudi aussi. Lefa prend la parole pour chauffer un peu le public puis Gims, Lefa et Black M entonnent Paris va bien, leur dernier tube, issu des Chroniques du 75, volume 2. Chaque membre fait preuve d’une énergie incroyable et les interactions entre les Mc’s apportent une ferveur supplémentaire au show. Aprés que Black M se soit avancé vers le public pour chanter son couplet, Adama arrive pour scander avec Gims un petit « Chroniques du 75 » immédiatement repris par les quelques 5 000 personnes qui sont encore bien présentes. Gims débute ensuite seul Ils appellent ça avant que Black M, Doomams, JR et Maska ne le rejoignent. Cet incessant jeu de passage de micro est galavanisant, aussi bien pour ceux qui regardent que ceux qui chantent, malgré quelques larsens un peu irritants.
Après un J’ai pas les loves qui concluent bien cette première partie blindée de tubes, Lefa reprend seul la parole : « J’ai remarqué que les gens ne connaissent pas très bien tous les membres de la Sexion. Même nous, des fois, on sait pas très bien combien on est. Vous le savez, on est beaucoup. Alors je vous propose de vous présenter chacun des membres, un par un, en vous donnant des indices. Le premier, on l’appelle le président, monsieur Diallo mais il est plus connu sous le nom de… Barack Adama. » Adama arrive donc pour son solo, A.D. Pour le second, les indices sont « y’en a qui disent que c’est un fléau et qu’il se donne seulement à 30%. » Maitre Gims, bien sûr, vient rapper son Noir, entrant à fond dans son délire, empreint de tonnes de mimiques qui collent parfaitement à un morceau aux limites de la folie. A la fin, lui-même s’étonne : « hé, j’suis pas méchant ! Je vous ai fait peur ? Faut pas ! » Et il commence alors à raconter une histoire vraie. Celle d’un plan qui ne se déroule pas come prévu. Les aficionados ont tout de suite vu le morceau arriver, c’est Changement d’ambiance avec Adama et Lefa qui jouent à fond le jeu de rôle pour illustrer la chanson et font monter la pression alors que Gims est monté pour chanter à coté de DJ HQ. Black M se met dans le rôle d’un mec qui a un accident de voiture, JR O Crom raconte sa propre histoire seul, de sa grosse voix et le morceau gagne en puissance. C’est au tour des nouveauté, avec A bout de souffle, génial titre des Chroniques, interprété par Gims, Lefa, Maska et JR et qui est un succès immédiat alors que peu de membres du public ne le connaissent.
Lefa continue ensuite les présentations. Celui qu’on appelle la silhouette furtive, l’homme au ray-ban, le débrouillard ou l’insomniaque, c’est Doomams et son sombre Mamadou qui ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait. On continue avec celui qu’on nomme la maison hantée, toujours à Arts et Métiers, Ze Ar, c’est JR et son Flow d’killer bien rentre-dedans. Le cinquième membre a de gros yeux pour de vrai, on l’appelle l’ennemi public numéro un ou Black Shady. Tout le monde a reconnu Black Mesrimes qui arrive avec son Black Shady part 2 joué avec beaucoup de fièvre. Arrive le moment du blind test pour savoir si tout le monde connait bien la Sexion. C’est Gims et Black M qui lancent de vieux sons du groupe à l’ancienne comme Wati bon son, t’es bête ou quoi ? ou A la mode de chez nous. Pas de souci, c’est un public de connaisseurs qui maitrise bien ses classiques et reprend tout en chœur. Lefa revient pour le sixième membre, son gars sur, qui a ses papiers d’identité sur lui mais qui n’en a pas besoin parce qu’il est dans son pays. C’est Maska aka le colonel, aka le blanc et son solo Traqué. Adama court alors vers nous pour souligner qu’on en a oublié un, l’incontournable, un peu beau gosse, dont on ne voit jamais les yeux : Lefa, qui arrive avec son Ra-Fall, porté par une prod et un couplet qui rentrent immédiatement dans la tête. Ces petits interludes terminés, qui ont malheureusement donné lieu à beaucoup de blancs et de lassitude dans le public, l’on peut reprendre le cours normal du show. Pour l’excellent Qui t’a dit ?, reprise judicieuse du tube d’Ini Kamozé, Gims, Lefa et Black M débute avec un bras en l’air, le regard dans le vide puis se lance dans des chorégraphies saccadées très à-propos. Pour Désolé, le groupe, joueur, affirme qu’il est un peu trop fatigués donc qu’il préfère regarder le public chanter. Public qui s’exécute avec joie. C’est, forcément, pour clôturer ce bon show - qui souffre encore de quelques petites imperfections (notamment dans les enchainements, trop approximatifs et improvisés), le tour de Wati by night. L’occasion pour Lefa de faire ses pas de break dance, pour Gims de montrer son célèbre salto avant et pour Black M de s’offrir un petit slam dans une foule qui faillit bien le happer. Casquette basse, les gars !
Adeline Lajoinie
Photo : Hervé All
Lajoinie Adeline
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