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Simple plan : Rock En Seine 2011, Paris
Le dimanche est la seule journée de cette édition 2011 de Rock En Seine qui n'affiche pas complet. C'est que le lendemain, il faut aller pointer au boulot...
Du coup la programmation s'en ressent, et l'affluence aussi, qui a bien pris 10 ans de moyenne d'âge dans la face avec l'arrivée de bandes d'ados venues applaudir Simple Plan et My Chemical Romance. Heureusement que Jack Lang continue de se balader sur le site pour faire remonter les stats ! Comme leur concert est programmé en plein milieu d'après-midi, les québécois vont forcément faire court, et leur set va s'apparenter à un best of. Parce que mine de rien, c'est qu'ils en ont quelques-uns, des tubes. Alors forcément, ça ne fait pas dans la finesse ou la complexité dans les riffs de guitare. Ca ne pousse pas les cordes vocales dans des notes inexpugnables pour l'individu lambda, mais c'est frais, insouciant, bien fait, et en guise de goûter alors qu'il fait soleil, ça passe aussi bien que le Nutella sur la tartine. Ca commence avec « Shut Up », parfait résumé de comment le groupe compose toutes ses chansons : mélodies catchy, refrain qui se retient, et un pont plus calme, histoire d'instaurer l'émotion et d'amener un dernier refrain pour faire jumper les kids une dernière fois (un morceau s'appelle « Jump » et ne parle que de ça). Et ça marche, vu comment ça sourit dans les appareils dentaires. Au moins autant que quand retentit la sonnerie annonçant l'heure de la récréation. Les refrains du groupe sont aussi bien taillés que les crayons de leurs fans pour la rentrée à venir. Ils se permettent même d'aller explorer des sonorités plus R'n,'B, lorgnant carrément du côté de Justin Timberlake sur « Your Love Is A Lie », ou même de se la jouer à la Weezer sur « Can't Get My Hands Off You » (sur laquelle le chanteur du groupe concerné Rivers Cuomo est d'ailleurs en featuring sur le disque). Ce le fait bien, ça se suit de façon agréable, si ce n'est les interventions pas drôles et très pénibles du bassiste, qui semble bien aimer être le centre d'intérêt. Et voilà que ça va encore plus se gâter avec l'arrivée de Marie-Mai, la meuf qui chante avec eux sur leur tube du moment, « Jetlag ». Enfin elle ne fait le featuring que sur la version francophone hein. Là pour le coup on va se croire en plein Disney Village avec des animateurs débiles qui prennent le public pour des enfants lobotomisés. La fille joue donc à faire la rockeuse, un peu comme dans le duo légendaire entre Pascal Obispo et Natasha St-Pier. C'est là qu'on se rend compte qu'ils ont un peu l'air de vivre dans le monde de Bisounours les Simple Plan, à dire « oh c'est génial », « est-ce que vous êtes chauds Paris ? », ou à lancer le « I've Got A Feeling » des Black Eyed Peas au milieu d'une chanson. Dommage, mais sinon le concert sera mieux passé que beaucoup l'avaient prévu, avec les « Addicted », « Welcome To My Life » ou le tube au riff entêtant « I'd Do Anything » pour finir le concert avant « Perfect », entamée avec le chanteur Pierre et sa guitare acoustique avant d'être rejoint par le reste du groupe. Simple Plan, c'est un peu le Pépito du rock. C'est sucré, ça a bon goût, mais si t'en manges trop t'as mal au ventre, et surtout, t'as l'impression que ça en fait un peu trop dans le genre « c'est la fête, on s'amuse, on se baigne dans la baignoire de chocolat ». Photo : Nicolas Brunet
Sébastien Delecroix
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