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Sinik : Printemps de Bourges 2008 ( Warner Music )
Sinik n’est pas là pour rigoler. Son entrée, magistrale, se fait sur un air de Carmina Burana. Sans crier gare, le rappeur surgit de l’intérieur d’un cercueil pour interpréter De Tout Là-Haut, premier titre du Toit du Monde, son dernier opus. La mise en scène est massive. Deux gros blocs de béton l’entourent, ornés de deux écrans qui diffusent ses clips, les couvertures de ses trois albums et son nom en grosses lettres blanches. Au-dessus de ces blocs trônent ses deux DJ, potes de la première heure et membres de son collectif Six O Nine.
Sinik est efficace. Il enchaîne les titres avec une puissance qui, il faut l’avouer, est peu égalée au sein du rap français. Pour éviter de tomber dans les poncifs « faites du bruit » ou « lever les bras », il a son propre gimmick. Quand il balance « T’as voulu clasher S.I.N.I.K. », le public reprend en choeur « T’es dans la merde ! » Une référence à un de ses titres-phares qu’il interprètera plus tard. Il joue également la provoc’ avec son public : « je vous préviens, ceux qui ne participent pas, soit ils sont fatigués, soit c’est des gros jaloux. » Et quand il sent un petit coup de mou, un sample de Dr Dre et l’ambiance repart.
Sinik est un mec vénère. Après plusieurs titres qui font lever tous les bras, le MC invite tout le monde « chez lui » et commence à entonner son tube au son Dirty South, L’Essonne Geless. Puis il arrête tout. « Ca fait deux fois qu’on me jette des briquets. Le bureau des réclamations c’est pas là, c’est à côté. Si le mec qui a fait ça a des couilles, il vient me voir après et on s’explique. Je ne supporterais pas ça une troisième fois. Alors sifflez avec moi ce gros bâtard » Et passe au morceau suivant. Il n’y aura pas de troisième fois, Sinik reste impressionnant quand il s’énerve avec autant de calme.
Sinik est un grand gamin. Pas une minute pour respirer. Autre petit coup de mou. Jump de Kriss Kross vient faire bondir tout le monde. Puis il commence son tube T’as Voulu Clasher S.I.N.I.K. Mais s’arrête après la phrase « tes flingues, c’est des pistolets à eau. » Et là, trois de ses potes de Six O’ Nine débarquent avec d’énormes pistolets à pompe remplis d’eau pour en asperger tout le monde. Puis il enchaîne. Les morceaux avec Diam’s, celui avec James Blunt. A chaque fois, Sinik demande de faire un triomphe à ses featurings. Grand prince.
Sinik est un grand rappeur. Force est de constater que Sinik assure sur scène. Et qu’il est une machine à tubes. Il est aussi un grand fan de rap français et rend un hommage aux grands frères d’NTM le temps d’une mini-reprise de IV My People. Puis il provoque un battle de cris entre les filles et les garçons de la salle. Egalité. Pour finir, il demande à chaque spectateur de prendre son voisin par les épaules et fait bouger cette immense marée humaine d’arrière en avant, de gauche à droite. Un final impressionnant pour un concert ultra-efficace. Du grand art.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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