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Soprano : Paris, l’Olympia, le 10 novembre 2010
Trois ans après son premier Olympia, le rappeur marseillais confirme son statut de très grand MC sur CD comme sur scène !
S’il avait fait une apparition à celui de son pote La Fouine, la dernière fois qu’on a pu le croiser à l’Olympia en solo, c’était le 29 novembre 2007. Trois ans moins une quinzaine de jours plus tard, revoilà Soprano sur les planches de la salle mythique, qui a accueilli son idole, Balavoine. Ce qu’il y a d’agréable avec ce rappeur-là, c’est qu’il a toujours l’air à l’aise, détendu et surtout, super heureux d’être là. Après deux premières parties venues directement de la nouvelle scène marseillaise, Carpe Diem et Révolution Urbaine, le très attendu comorien arrive sous les cris et applaudissements d’une foule qui restera debout, même au balcon, pendant les deux bonnes heures du show.
Accompagné de deux backeurs, dont son frère Diego de La Swija et des DJs Mej et Sya Styles (en hauteur sur de hauts échafaudages avec leurs platines et un miroir derrière eux, pour ne rien louper de leur dextérité à mixer), Sopra met l’ambiance dés le début. Il lance tout de suite ses titres les plus énergiques, de Crazy à Darwa en passant par Halla Halla. La foule, entre très jeunes fans et aficionados de la première heure, est tout de suite réceptive. Et pour ne leur laisser aucun répit, l’artiste coupe d’ors et déjà la salle en 3 : le virage Nord, le virage Sud et les fanatiques. Pendant tout son spectacle, il n’aura alors de cesse de les faire crier, jumper ou courir de droite à gauche. Car Sopra est un MC dans le premier sens du terme, un véritable maitre de cérémonie, un entertaineur qui ne laisse jamais tomber son public et le chauffe à blanc en permanence, tout en lui offrant beaucoup de sa générosité humaniste légendaire.
Le premier invité est Constantine Windaman, pour Sur la lune, extrait de son nouvel album, La Colombe, qui est déjà un carton. Suit, très rapidement, Nessbeal, pour interpréter un de ses titres à lui, le très bon A chaqu jour suffit sa peine. Juste un kiffe entre potes qui réchauffe le cœur. Sopra va alors enchainer les titres de ses trois albums, de son groupe Psy 4 de la rime et les couplets de ses multiples featurings. On enchaine alors avec J’étais comme eux sans Demon One, Jeunesse France sans les Psy 4, un petit Jump de Kriss Kross et on passe en mode colombe avec un Ce qu’on laisse à nos mômes interprété en toute intimité juché sur un tabouret haut, Le monde est stone (toujours seul) et Châteaux de sable où, là, il est rejoint par la talentueuse Awa Imani. Puis c’est le mode corbeau qui prend le dessus, le côté dark et technique du rappeur qui revient sur scène, pour l’occasion, avec un peignoir de boxeur noir. Là, il enchaine toutes ses phases les plus techniques, offrant à Diego un solo avec Smoke Chicha. Il reprend seul Ca fait mal (sans La Fouine ni Sefyu), enchaine sur Je rêvais puis c’est au tour d’Hiro, son tube du moment, qui fait mouche immédiatement.
Repassé en mode colombe, il pousse l’émotion à son comble avec Inaya, le titre dédié à sa fille adorée, repris en chœur par toute l’assistance. Puis, histoire de continuer les morceaux chantant, c’est au tour de Moi j’ai pas. Il raconte alors son histoire musicale à base de petits extraits et balance un California Love, un Michael Jackson, un Snoop, un Son des bandits, Block Party et Au taquet, vieux morceaux des Psy 4. Preuve de son impact, même les plus jeunes connaissent ses anciens tubes. L’ambiance chauffe encore d’un degré quand il décide de transformer l’Olympia en dancefloor avec I Gotta Feeling des Black Eyed Peas et son morceau Speed, qui porte très bien son nom. Petit interlude des DJs qui ambiancent seuls et Sopra revient avec Ferme les yeux et imagine toi (sans Blacko). Puis il s’offre un délire en transformant a voix au vocoder pour expliquer qu’il vient d’une autre planète, avant de faire entrer La Fouine sur scène pour Du Ferme.
Après une reprise des Cités d’or et un Starting Block ave REDK, c’est avec les membres de son groupe, Vincenzo et Alonzo, qu’il termine ce concert aussi énergique que touchant, via les titres A la Usain Bolt et A la bien.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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