|
Soulfly : Bataclan, le 12 février 2009 ( Roadrunner )
Max Cavalera est une icône. Que ce soit avec Sepultura, Soulfy ou Cavalera Conspiracy, le public a toujours adhéré à sa cause. Ce n’est donc pas une grande surprise de découvrir un Bataclan archi-comble pour son retour à Paris.
Les métalleux de tous poils (qu’ils aiment bien se laisser pousser sur les joues) se sont donnés rendez-vous dans l’enceinte. De 15 à 75 ans, tout ce petit monde se côtoie. On devine ceux qui sont désormais sapés en costume, la trentaine, nostalgiques de leur adolescence et de leur look dreadlocks, baggy, t-shirt XXL et odeur nauséabonde parce que c’était rigolo de ne pas se laver pendant 3 mois. Il y a les vieux routiers, accoudés au comptoir, à se rappeler les concerts passés tels des vétérans de l’armée se remémorant leurs batailles. Et puis il y a les jeunes. Les fougueux. Ceux qui vivent encore le truc à fond et sont en train de jumper sur le métal appliqué de la première partie, Incite. La population est aussi mixte qu’à l’Assemblée Nationale : il doit bien y avoir 75% de testostéroneux. Et beaucoup sont passablement alcoolisés.
Toutes les conditions sont parfaitement réunies pour que l’ambiance devienne hystérique à l’arrivée du maître de cérémonie. Et elle l’est. Sans des tonnes d’artifices, le groupe débarque. Max délaisse sa fameuse guitare aux couleurs du Brésil pour rameuter ses troupes, micro en main, sur la première chanson. L’ensemble de la discographie du groupe est passé en revue, même si bien évidemment la priorité est donnée au petit dernier, Conquer. Le pit est aussi bien garni qu’un panier, et c’est sa quasi-intégralité (soit au grand minimum 800 personnes) qui ne se font pas prier pour secouer leurs chevelures sur la très bien nommée « Jumpdafuckup ». Ca pogote, certains se risquent aux slams, un mec bourré se fait sortir de la salle par la sécurité, et le groupe envoie !
Ca joue carré, et finalement avec très peu de passage « tribaux », malheureusement. Ce qui fait la particularité de Soulfly sur album n’est pas très mis en avant en concert, sans doute pour privilégier le côté métal « qui envoie du gros ». Et pour envoyer, ils envoient. Si bien que le trentenaire en costard est maintenant en train de beugler les paroles, que les vieux briscards ont quitté la case nostalgique pour vivre l’instant présent et que les jeunes fougueux livrent toutes leurs forces dans la bataille. Comme le chante Max Cavalera, ce soir tout le monde était « Back To The Primitive ». Et des fois, ça fait du bien.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
|