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Stray Cats : Concert au Zénith de Paris, 4 septembre 2008
Ce soir, le spectacle n'est pas que sur scène se dit-on en arrivant aux alentours du Zénith… Pin-ups fifties, teds perchés sur leurs creepers ou bikers toutes chaînes dehors se sont tous mobilisés pour assister à la (première ?) tournée d'adieu des Stray Cats. Et bonne nouvelle, les futurs retraités – près de 30 ans de carrière au compteur – ne sont pas mûrs pour les tournois de pétanque et mots-croisés. Certes, Brian Setzer n'affiche plus une ligne de chat des rues famélique, mais Slim Jim Phantom et Lee Rocker n'ont pas pris un gramme ou le début d'une ridule.
Et si le gros matou ferait mieux d'adopter les croquettes light, son jeu de guitare reste aérien, ses solos flirtent avec le swing, voire le jazzy par instant et donnent des fourmis dans les talons aiguilles. Le set commence fort, très fort avec Rumble In Brighton, embraye sur Make Up Your Mind. Rien de nouveau côté fond et forme et c'est tant mieux. On est venu écouter du rockabilly, voir la collection de Gretsch de Setzer, Lee Rocker escalader sa contrebasse et Slim Jim Phantom cogner tout debout sa batterie minimaliste, eh bien, c'est justement ce que le trio a mis au menu de ce soir.
Stay Cat Strut transforme le Zénith en karaoké géant et donne lieu à un duel de guitare et de contrebasse. Runaway Boys est pimenté par une rythmique binaire et primitive quasi-tribale. Les chats ont la bonne idée de reprendre Sweet Gene Vincent, double hommage au rocker et à Ian Dury, son auteur compositeur. L'ambiance est à la franche amitié entre potes : les félins se congratulent, partagent une bière (si c'est pas le signe de liens forts, ça…), présentent le roadie qui les accompagne depuis trente ans. Sur Fishnet Stockings, irrésistible hymne aux bas résilles et Rock This Town, le public se déchaîne. On assiste même à une tentative de grand écart qui manque de se solder par une intervention de la Croix Rouge, c'est dire...
Et soudain, c'est le drame comme on dit lorsqu'on parle le télé-réalité. Au début du rappel (une reprise d'I Fought The Law), Brian reçoit un projectile sur la main. Et il n'apprécie pas, mais alors pas du tout. La chanson achevée, il grogne : "ne me balancez pas de saloperies dans la gueule !" et brandit un couteau à cran d'arrêt (ou un peigne à cran d'arrêt, selon les sources). Peu importe, c'est l'intention qui compte. Les Stray Cats plantent tout au bout d'une heure et quart de concert. Frustrant pour des fans qui ont payé cher leur billet et étaient venus passer une bonne soirée et pas une espèce de remake cheap de la Fureur de Vivre pour vieux rockers à la tête pleine de clichés.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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