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Stromae : Eurockéennes 2011, Belfort
Tryo vient à peine de finir sur la Grande Scène que c’est au tour de l’une des révélations des derniers mois, Stromae, de se la donner aux Electrokéennes. Ah non pardon, ça s’appelle toujours les Eurockéennes...
Pourtant l’ambiance de ce concert est carrément boîte de nuitesque, avec une musique générée par ordinateur. Un sample au son un peu en retrait est balancé tandis que le chanteur filiforme au drôle de gilet (un peu comme les costumes des Deschiens) n’arrête pas de dire « Bienvenue Chez Moi ». C’est que comme sur son album, le concert est vraiment une invitation à embarquer dans son drôle d’univers, faisant partouzer des beats très orientés dance et techno avec des paroles parfois aussi glauques que doit l’être un dîner avec Hannibal Lecter. Le garçon a en tout cas amené son ingé-light avec lui, et les lumières jaillissent dans tous les sens sur scène, tandis que le chanteur occupe le grand espace en sautillant sur une jambe. Il place deux musiciens sur cette même scène, et ceux-ci l’accompagnent en déclenchant les samples ou en frappant sur les pads de batteries électroniques. Le son est très synthétique, et les basses, forcément très fortes, permettent aux gens de pouvoir se défouler le popotin sur les titres du jeune belge, qui ne cesse de motiver la foule, demandant souvent si « Ça va toujours Belfort ? ». Pour accompagner son morceau Je Cours, il demande à ses fidèles de courir sur place. Fidèles c’est bien le mot, en atteste le titre Houseleluijah, qui offre des arrangements et une mélodie qui changent enfin un petit peu des autres morceaux de Stromae, mais qui fait encore remarquer sa fâcheuse tendance à répéter 250 fois par chanson les mêmes phrases. Sur un morceau où il clame que sa musique est sa drogue en chantant en boucle « ma clope, mon shit, ma coke, ma musique », on fait plus que frôler l’overdose. Un problème technique survient pendant l’intro de la plus gore de ses chansons, Dodo. Un texte sur les violences conjugales et la pédophilie illustré par des ombres projetées sur le décor derrière lui, ça fout forcément un froid sur l’assistance. Alors, devoir recommencer deux fois le morceau à cause d’un micro qui flanche, ça n’aide pas. Il ne se dégonfle pas le moins du monde cependant, profitant de cette pause involontaire pour jouer au « Stromaemètre », exercice où les gens doivent faire du bruit quand il lève le bras. Pourquoi pas. Mais ce que les gens attendent, incontestablement, c’est de pouvoir se remuer sur le tube Alors On Danse. Ça trépigne d’impatience, et quand il décide de lancer le morceau, le chanteur prend tout son temps. D’abord le son de synthé. Le morceau part, il l’arrête. Même opération pour les percussions, et ainsi de suite. Ça s’impatiente, ça s’agite, et quand enfin le hit part pour de bon, c’est l’effervescence. Ça danse, ça chante tout le long du morceau, qui se voit prolongé, et qui est même rejoué pour achever le set. Entre-temps Stromae aura rendu hommage à un autre chanteur belge même pas mort, Arno, en reprenant un de ses titres pour essayer d’en faire un hymne pour le festival, le refrain devenant « Putain c’est vachement bien, on est quand même tous des Eurockéens ».
Sébastien Delecroix
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