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Svinkels : L’Olympia, 11 novembre 2008 ( At home )
« Plutôt mourir que de ne pas jouer au moins une fois à l’Olympia », qu’ils disaient dans… « Plutôt mourir ». Ceux qui suivent le Svink depuis un moment maintenant savent à quel point cette date parisienne est symbolique, et ils ont bien évidemment tous répondu présent.
Avant même d’arriver devant la salle mythique, le quartier a déjà pris des airs de festival punk : les hordes de fans se sont déployées sur le boulevard des Capucines et les rues adjacentes, bière à la main et joint au bec, criant, chantant et pissant sur les devantures des boutiques chic. L’anarchie s’installe dans les beaux quartiers. « C’est marrant, y’a que des mecs », me fera remarquer ma voisine… Même ambiance testostérone et houblon dans le hall. Les Svinkels sont dans la place et ça se voit (sent ?).
Autoproclamé « jeune branleur qui boit et qui rappe » (ça tombe plutôt bien vue la thématique de la soirée), Dabaaz se charge de garder le public bien au chaud avec son hip hop plaqué sur de gros beats électroniques. Vient ensuite le moment tant attendu du deuxième blackout : une clameur bestiale accueille avec enthousiasme les premières mesures du « Club de l’Apocalypse », longue intro instrumentale qui pose l’ambiance. Le public scande « Svinkels ! Svinkels ! » en rythme. Quand la voix de Gérard Baste se fait enfin entendre, le trio fait son apparition sur scène, accompagné de quatre pom-pom girls arborant les couleurs du Dirty Centre. Nouvelle salve d’applaudissement, salutations et nous voilà tous partis « Droit dans le mur ».
Depuis que DJ Pone – compagnon historique du groupe – est parti faire du scratch synchronisé avec ses nouveaux camarades de Birdy Nam Nam, les Svinkels turbinent désormais à l’électricité pure sur scène : 0.9 gigawatts de son dans ta gueule avec les compliments du Dirty Centre Orchestra (guitare/basse/batterie/claviers). À nouvelle formation, nouveau son : boostés aux stéroïdes enrichis, ces nouvelles moutures de morceaux déjà cultes pilonnent sans faiblir une assistance entièrement acquise à la cause électrique. L’accent a bien sûr été mis sur les extraits les plus énergiques de la Svinkographie : « Dizy (qu’il est fini) », « Le Svink, c’est chic », « Faites du bruit », « La Youte », « Hard amat »… Ça martèle dru sans la moindre espèce de pitié.
Au terme d’un « PQ pour mon trou-trou » de la même trempe, les roadies installent des platines au centre de la scène. Tout le monde sait déjà qui va se mettre derrière (on le sait déjà parce qu’il est apparu un peu plus tôt – bravo la surprise !) : DJ Pone, venu exceptionnellement pour l’occasion – et qui enchaînera direct sur une petite session de scratches servant d’intro à « Ça n’sert à rien », l’une des préférées du public. Un « De la came sous le saphir » bien poilu plus tard, et le DJ remballe déjà ses platines (ce qui ne l’empêchera pas de terminer le concert sur scène avec ses ex-compagnons de route).
Ceux à qui on reproche souvent de « ne jamais jouer les bonnes chansons » ont mis à contribution ce changement de line-up pour revoir leur copie. Résultat : ça ne débande pas de tout le concert. Ça explose même à la fin lors d’un premier rappel bien old school (les morceaux ont déjà plus de dix ans) composé des très attendus « C-Real Killer » et de l’immortel « Réveille le Punk ». Et alors que le groupe prend à nouveau congé, les lumières ne semblent toujours pas vouloir se rallumer. Couvrant les cris et les sifflets, la voix de Mr Xavier résonne dans l’Olympia, dans ce qui semble être une imitation très réussie de Beavis et Butthead. Les rappeurs et leurs zicos réapparaissent (presque) tous torse nu pour terminer en beauté sur « Tout nu yo ! », improbable proto-tube de l’été vantant les mérites des sexualités transversales. On reconnaît bien là le style des bad boys du Cap d’Agde !
Michael Rochette
Michael Rochette
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