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The Black keys/Portugal the man : Le Zénith de Paris, 25 janvier 2012
Affiche Top of the buzz ce soir au Zénith parisien : The Black Keys, relativement inconnu il y a encore 3 ans, autoproclamé aujourd'hui groupe qui sort l'"album le plus attendu de l'année" vient défendre son dernier opus bourré raz la gueule de tubes impeccables. Petit tour de chauffe avant d'envahir les festivals et on l'espère pour eux, les stades.
Quelques semaines après un concert flamboyant à La Boule noire, les Américains de Portugal. The man sont de retour dans la capitale. Cette fois-ci, loin de sa fan base, le groupe se retrouve devant 8000 personnes qui en on un peu rien à faire de leur pop ultra mélodieuse et de leur dernier album en date, le pourtant très réussi In the mountain in the cloud. Il est vrai que rien ce soir ne sera en leur faveur, en plus du public un rien impatient d'en découdre avec The black keys, John Baldin Gourley et ses amis doivent aussi se coltiner un son exécrable ou l'on ne discerne rien. Malgré tout, cela n'a pas trop l'air d'inquiéter le groupe américain qui en a vu d'autres après avoir sorti 6 albums en six ans, s'esseyant même à reprendre le All the young dude de David Bowie. Résultat, malgré une énergie à revendre le groupe recevra un accueil poli. C'est dommage, car Portugal. The man qui, comme son nom ne l'indique pas, vient de l'Alaska vaut bien plus que ça.Place au groupe star de la soirée, 30 minutes de changement de plateau et voici qu'arrive avec une nonchalance certaine Dan Auerbachet Patrick Carney et, surprise, deux autres musiciens. The Black keys, version tournée européenne 2012 s'affiche désormais avec un guitariste supplémentaire et un clavier man qui ne rechigne pas non plus a prendre de temps en temps le manche d'une guitare. Plus on est de fou, plus c'est musclé. Logique rock, non? Fort d'un album désormais disque d'or en à peine un mois, le groupe soigne son image quitte à perdre dans la foulée sa réputation rock garage. Au programme donc, scénographie mettant en avant la batterie de Patrick Carney (laissant d'ailleurs peu de place pour le chanteur qui se voit coincer sur la droite de la scène), écran géant diffusant des images de vieilles voitures, éclairages impeccables, boule disco géante, bref nous avons droit à la totale.D'entrée, The Black keys ne fait pas dans la dentelle. Le groupe est sur scène depuis à peine deux minutes que le public saute déjà dans tous les sens. La faute au tubesque Howlin' for you extrait d'un précédent album et ses ho ho ho repris en coeur par une fosse en phase de saturation intense. Le groupe joue fort un rock carré ou rien ne dépasse, le son redevenu impeccable depuis Portugal. The man ne laisse juste entendre qu'une légère saturation, un côté un peu crade qui nous rappelle que le groupe joue dans la cour indé et non du côté de Coldplay. A quatre ou parfois de nouveau à deux, la technique irréprochable des musiciens et surtout une jolie collection de chansons rentre dedans joué vitesse grand V vont emporter tout sur leur passage à la grande joie d'un public voué à la cause et qui en redemande.Côté set list, The Black keys va principalement piocher dans ses deux derniers albums même si le duo ne rechigne pas à furieusement reprendre des titres du premier CD. Alors évidemment, les fans de la première heure pourront reprocher que les nouveaux titres lorgnant vers la pop ne s'intègrent pas très bien avec les morceaux plus rentre-dedans des albums précédents. Peut importe, The Black keys ont rempli leur contrat avec ce concert sans bavure, jouissif du début à la fin, techniquement impeccable et qui sent bon la tête d'affiche des gros festivals de l'été prochain. Les gars, c'est quand vous voulez...photo : Benoit Rony
Frédéric Fahy
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