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The Jon Spencer Blues Explosion : Rock En Seine, vendredi 29 août 2008
Trop complexe et décalé pour surfer sur la vague du revival du rock, inclassable, ambitieux, tête à claques aussi, le trio new yorkais n'a jamais eu le succès qu'il méritait. Mais aujourd'hui, pour ses fidèles, son arrivée à des allures d'événement. Depuis quelques années, le groupe était en hiatus, façon élégante de dire qu'il avait splitté tout en se laissant une issue de secours en cas de goût de revenez-y.
Quand Jon Spencer, shaman en résidence et bâtard caché d'Elvis, agrippe sa vieille guitare bouffée aux termites et prend la pose derrière le micro, gainé dans un pantalon de vinyle qui fait transpirer des genoux rien qu'à le regarder, la tension grimpe en flèche. Derrière lui, Russell Simmins, le sumo des fûts et Judah Bauer, guitariste aux riffs acérés. Pas de set list en vue, comme d'habitude, car le groupe ne fonctionne qu'à l'improvisation. Un coup d'œil échangé et hop, les New Yorkais bombardent le public de décibels. Les morceaux choisis (pour la plupart des titres obscurs, à l'exception de Wail, leur quasi-tube) ne dépassent jamais les deux minutes et sont fusionnés en une sorte de vacarme abrasif jubilatoire.
On s'en prend plein les oreilles, plein la vue aussi, puisque Jon Spencer est un showman hallucinant qui avale son micro, harrangue les foules et soulève un roadie stupéfait en guise de final. Russell Simmins teste la résistance de sa batterie en cognant dessus avec la rage de Cro Magnon achevant un T-Rex à coups de massue et pousse des cris muets qui lui donne l'air d'un nounours psychopathe. Arborant un magnifique air de se foutre de tout et plus, Judah Bauer passe au premier plan pour interpréter Fuck Shit Up, titre hilarant qui conclue un show aussi intense qu'une descente en roller coaster sans harnais de sécurité. Bon, les petits gars, à quand un nouvel album, hein ? S'il vous plaît ?
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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