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The Killers : Le Nouveau Casino, Paris, 28 octobre 2008 ( Universal )
À un petit mois de la sortie de leur troisième album, Day and Age, les Killers donnaient un concert privé dans une petite salle parisienne (un événement lorsque l’on sait que les Américains arpentent plutôt le circuit des Zéniths en temps normal). Une occasion de présenter au public de privilégiés présents ce soir-là quelques nouvelles compos et une impressionnante lignée de tubes.
Le Nouveau Casino : 400 personnes maximum (bien tassées), une aubaine pour apprécier dans de bonnes conditions un set des Killers (surtout qu’entre l’impressionnante table de mixage qui bouffe un quart de la fosse et le matériel audiovisuel installé en mezzanine, si on en a rentré 200 c’est déjà beau). Le succès du groupe étant survenu en pleine déferlante britannique (Franz Ferdinand, Bloc Party, Kasabian…), on a trop souvent tendance à oublier que le quatuor est originaire de Las Vegas, et non des faubourgs de Londres. La confusion est d’autant plus facile que leur disco rock androgyne arrosé à la new wave ne dépareillerait pas chez un line-up de Sa Majesté. Rien que la playlist d’avant concert (Pulp, Blur, Ash…) sonne comme une demande d’asile musical…
20h30 pétantes, les Killers se déploient sur la petite scène joliment apprêtée (un gros « K » lumineux en avant-scène dissimulant les claviers, des guirlandes sur les amplis, des fleurs – fraîches ! – disséminées de-ci de-là). Ambiance intime pour une set-list énergique : avec « When you were young », « Smile like you mean it », « Jenny was a friend of mine » et l’imparable « Somebody told me » en guise d’amuse-gueule, le ton est donné. Malgré quelques arrangements un peu trop sophistiqués qui empêchent tout écart, les compos historiques prennent sur scène toute leur ampleur et confirment leurs statuts de singles (à quelques rares exceptions près, tous les titres extraits des deux premiers albums ont effectivement connu les honneurs des ondes). Viendra enfin le moment des nouveaux morceaux. Brandon Flowers, le chanteur, consacre quelques secondes à introduire humblement chacun d’entre eux, en prenant bien soin d’en donner le titre (lorsqu’un album n’est pas encore sorti, ça facilite en effet le travail du journaliste – merci Brandon !).
Les cinq titres présentés ce soir-là étaient d’ailleurs des plus prometteurs quant à la tenue générale de ce troisième album. Produit par l’Anglais (tiens donc) Stuart Price, mieux connu sous le pseudonyme de Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales, Day and Age affiche très ouvertement ses ambitions d’album « dancefloor », et ce qu’on aura entendu va tout à fait dans ce sens. Que ce soit avec « Losing Touch », « Neon Tiger », le single « Human » ou l’excellent « Spaceman » (futur deuxième single ?), les Killers comptent bien faire la fortune des cordonniers qui ressemèleront vos godasses six mois durant. Pour « Joy Ride », on abat les dernières cloisons et on se lance même dans un funk parabolique que n’aurait pas renié Franz Ferdinand. Flowers l’a même annoncé en préambule : « Aimez-la ou détestez-la, on s’en fout, nous on l’adore ». Et à en croire les réactions du public, il a plutôt aimé aussi.
Après une sacrée collection de singles (« Read my mind », « Mr Brightside », « Bones », « For reasons unknown ») qui se terminera à l’issue du rappel par un « All these things that I’ve done » version stretch (bizarre de terminer sur son tube le plus calme, mais plutôt efficace), le quatuor quittera définitivement la scène, laissant derrière lui un public comblé. Ce qui était loin d’être gagné lorsque l’on sait que le public en question était composé en partie de professionnels de tous bords (journalistes, exécutifs de maisons de disques ou de la banque partenaire…), pas forcément enclins à faire la fête sans retenue un soir de semaine. Quant à connaître par cœur la discographie du groupe…
C’est là qu’on se dit que c’est quand même dommage que ce genre de showcases ne soient pas réservés aux fans : ceux-ci seraient évidemment ravis de profiter de telles conditions, le groupe serait content parce que le public serait du coup plus réactif et les labels pourraient se vanter de l’ambiance de folie qui régnerait à de tels concerts. Une opé win-win-win, en somme.
Michael Rochette
Michael Rochette
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