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The Killers au Zenith de Paris 19-03-09 ( Universal )
Dire que le passage des Killers était attendu serait un euphémisme. Leur dernier album cartonne dans le monde entier, et le Zenith affiche complet depuis des semaines! Au final, le groupe a délivré une prestation énorme et transformé la salle parisienne en dancefloor géant!
Dire que le passage des Killers était attendu serait un euphémisme. Leur dernier album cartonne dans le monde entier, et le Zenith affiche complet depuis des semaines! Alors évidemment les vendeurs à la sauvette traînent comme les vautours qu'ils sont aux abords de la salle pour se faire des sous sur la passion des gens, et ce en toute impunité, alors que tout le monde sait où les trouver. Si il était indiqué 20H sur les précieux sésames, à l'heure dite la queue est aussi gigantesque que celle d'un certain Rocco, et des notes résonnent dans l'enceinte! La première partie, Louis XIV, commence à se produire alors que la grande majorité du public est dehors, super l'organisation! Vu le prix de la place il y a de quoi râler, et ce n'est pas l'arrivée dans les gradins qui va calmer. Il faut en effet faire la queue dans les escalier pour qu'une placeuse vous indique votre place. Une placeuse! A un concert de rock'n'roll! Non mais où on va? A force de prendre les passionnés de musique pour des vaches à lait, il va falloir arrêter de s'étonner que les gens téléchargent leurs disques et restent chez eux à regarder les concerts en DVD!
Sur scène Louis XIV délivre son rock'n'roll appréciable, de qualité, avec deux chanteurs au timbre de voix assez similaire qui se répondent. Ils ne jouent pas dans la complète indifférence, mais on sent bien que les gens n'attendent que l'arrivée du groupe de Las Vegas. La scène est déjà jonchée d'éléments du décor des Killers, et les Louis XIV doivent cohabiter avec. Ils s'en vont sous des applaudissement timides mais amplement mérités, et les panneaux lumineux sur les côtés annoncent que c'est l'entracte.
La salle est désormais bondée, la tension monte, des ados en furie (ou en chaleur?) poussent d'horripilants cris aigus dès qu'un roadie apparaît sur scène, et c'est l'hystérie quand 3 d'entre eux montent au-dessus de la scène pour... faire un truc.
La salle s'éteint, un immense compte à rebours de 10 secondes apparaît sur l'écran derrière la scène. A la fin du décompte les 4 héros sont là et lancent "Human" dans une ambiance de folie. Tout le monde dans les gradins est debout, tape dans ses mains, danse aux rythmes syncopées du combo américain, très en forme et en voix. Evidemment une armée de téléphones portables et appareils numériques se dresse pour capturer le moment. Le capturer plutôt que le vivre. Pourquoi venir à un concert si c'est pour le regarder par son écran de 5cmx5cm, et en ressortir avec un son tout pourri? Cette culture du "regarde j'y étais" finira par tuer celle du "je suis là et je profite"!
Le chanteur Brandon Flowers (en français il s'appellerait Fleurs, ça le ferait moins hein?) porte le show sur ses épaules, et entre deux balancements épileptiques de jambe, motive la foule. Un coup il faut balancer ses mains de droite à gauche, un coup il faut faire "oh-oh" avec lui. Si la set-list fait la part belle (hélène) aux morceaux du dernier en date, Day & Ages, force est de constater que les Killers enfilent des tubes comme d'autres enfilent les bouses (salut K-Maro!). "Somebody Told Me" vient transformer le Zenith en dancefloor géant, des confettis sont crachés sur une fosse comblée, et la tension ne descend jamais!
Le groupe est parfaitement en place. Peut-être même un peu trop. C'est ce qu'on appelle la grosse machine américaine, et à chaque seconde se passe ce qui était prévu, on perd peut-être un peu d'authenticité, mais certainement pas en efficacité! Et à voir le chanteur se déhancher, il n'est pas là pour faire son boulot comme d'autres vont pointer. Il vit ses chansons, et le fait qu'il ne veuille jamais expliquer ou écrire ses textes doit être assez significatif de ce qu'ils peuvent représenter pour lui. Revisitée, la ballade "All The Thing That I've Done" vient faire chavirer les coeurs, tandis les choeurs chavirent sur l'intro de l'épatante "Spaceman", véritable tube en puissance. "Joy Ride" revient faire s'agiter les hanches avec son gimmick qui ressemble beaucoup aux Clash, et "I Can't Stay" est un autre joli moment d'émotion.
La grande force des Killers est que chaque morceau instaure une ambiance, et part sur une montée imparable qui fait partir au quart de tour un public tout conquis, comme par exemple "Read My Mind" où le hit "Mr Brightside".
C'est déjà l'heure du rappel, ce fameux moment où le groupe quitte la scène en ayant omis de jouer un de leurs tubes, et que le public les acclame pour qu'ils reviennent, alors que les deux partis savent que ce n'est pas fini. C'est "Bones" qui entame les 4 derniers titres, et pendant ce temps est projeté sur l'écran le clip du même titre, réalisé par Tim Burton. Et bien entendu, c'est la décharge "When We Were Young" qui vient achever une foule en liesse. Des explosions à l'arrière de la scène, des étincelles qui tombent d'en haut, ça pète! Un drapeau français géant floqué Killers apparaît sur le grand écran, les Killers saluent, le batteur jette ses baguettes, la foule applaudit, tout le monde sourit.
Plus qu'une représentation, c'était une démonstration. Des tubes, des tubes et encore des tubes: les Killers ont indéniablement un répertoire à faire chavirer des stades. Et à l'heure où U2 se fait de plus en plus poussif, Brandon Flowers et ses copains se positionnent comme de sacrés challengers au titre de plus grand groupe de rock potentiel du monde. Mais ça, c'est l'avenir qui nous le dira. Au pire, on pourra se rappeler "when we were young".
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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