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The Kooks : Festival Beauregard 2011 (John3)
Bien qu’il ne soit plus à son coup d’essai, le quartette de Brighton bénéficie encore d’un statut de jeune pousse qui promet de bien belles récoltes. On sera probablement nettement plus exigeant la prochaine fois, surtout lorsque l’on aura digéré le nouvel album, “Junk Of The Heart”.
C’est vrai que, maintenant qu’Oasis est parti (qui a dit “enfin ?”), il va y avoir une place à prendre et c’est certainement parmi les plus jeunes qu’on ira chercher le meilleur prétendant… Tient et pourquoi pas The Kooks ? Dans le genre brit pop tonique et un chouille vintage, la troupe joyeusement emmenée par Luke Pritchard est particulièrement méritante. Sa gentille ascension s’est faite sans faux pas pour le moment et le nouvel album risque de ne pas passer inaperçu si l’on en croit les nombreux extraits livrés à Beauregard (“Junk Of The Heart (Happy)”, “How’d You Like That”, “Eskimo Kiss”, “Is It Me?”, “The Saboteur”).Les plats servis par The Kooks sentent certes le réchauffé, mais ils sont délivré avec une telle détermination et un entrain communicatif qu’on leur donneraient le bon dieu pop sans confession. Là où le groupe pêche encore, en revanche, c’est dans les ambiances un peu plus délicates. Ses titres lents (“Naive”, “Carried Away”) sont nettement moins convaincants, même avec un son d’une rare brillance, bien que “She Moves In Her Own Way” ou “Do You Wanna” montrent qu’il ne faut pas désespérer et qu’en prenant de la bouteille, les musiciens sauront s’exprimer dans des registres plus délicats. Pour l’heure, ils s’y entendent pour faire chanter à un très jeune (et très féminin) public des refrains on ne peut plus contagieux (“Ooh La”, “Shine On”, “Sofa Song”, “Stormy Weather”…). Malgré cela, si The Kooks a tout de l’élève modèle, on hésitera tout de même à lui faire sauter une ou deux classes. Un peu trop sage et consciencieux, il n’a pas encore acquis ce surplus de folie et d’insolence qui lui permettrait de s’imposer à une plus large échelle et dans un environnement moins accueillant. Le charme juvénile, c’est une chose, mais après le troisième album, on se montrera certainement de moins en moins indulgent envers ce groupe toujours prometteur, mais pas fracassant… Texte et photo :
Jean-Pierre Sabouret
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