|
The Offspring : Rock en Seine 2009 ( Sony/BMG )
Avant chaque concert, le grand jeu pour les cameramen est de filmer la foule. Et comme chacun désire son petit moment de gloire en étant projeté sur les écrans géants, les scènes insolites se multiplient, mais restent bon enfant. Pas de fille les seins à l'air, on sait se tenir en France ! Par contre, un mec montre son cul.
La pelouse devant la grande scène est bien remplie. Les fans ont fait le déplacement en masse. Il faut dire que leur dernier passage par la France (avant leur concert à la Foire Aux Vins de Colmar) consistait en un concert promo au Trabendo... Alors forcément, le fan a faim. Et avec un concert calibré « festival », le risque était grand qu'il ait encore les crocs à la fin du concert...
Sans tambour, trompette ni autre artifice, le groupe débarque sur scène. Aucun décor, pas de bannière, de logo. Juste des ventilos pour s'aérer les cheveux (il fait encore très beau aujourd'hui). Un rapide bonjour et le single « You're Gonna Go Far Kid » retentit.
Bizarrement, « Bad Habit » vient après, alors qu'avec son intro à la basse, ce morceau tiré de Smash aurait fait une bien meilleure entrée en matière... On reste en 1994 avec le mégahit « Come Out & Play », avec son riff arabisant qui servait de jingle à Skyrock quand cette radio portait encore bien son nom, puis l'enchaînement de la mort qui tue « Have You Ever / Staring At The Sun ». Ca commence plutôt fort, mais là... le groupe quitte la scène !. Un piano est installé,Dexter revient, et se fend de « Gone Away » dans une nouvelle version. Bon alors là les fans grincent un peu des dents. Puis ils s'attaquent aux gencives avec la ballade « Kristy Are You Doing Okay ?» qui vient après. Ca repart un peu après, mais avec « Hit That », single un peu fadasse quand même, surtout quand on sait le nombre de tueries de la discographie du groupe qui vont rester dans les tiroirs ce soir.
The Offspring est dans le cadre d'un festival, et va se contenter d'envoyer les chansons les plus connues par le plus grand nombre. Alors la foule rugira de plaisir en poussant des gémissements orgasmiques sur « Pretty Fly (for a white guy) », se déchaînera sur l'intro épique de « The Kids Aren't Allright » ou dansera sur la très Beattlesienne « Why Don't You Get A Job ? ». Le fan de base lui, se contentera de pogoter sur « All I Want », de skanker sur « What Happened To You ? », de taper dans les mains sur « Americana » ou de slammer sur « Gotta Get Away ».
Les Offspring sont là en toute décontraction, laissant leurs chansons parler pour eux. Et à ne pas s'y tromper, celles-ci ont bien marqué toute une génération de punk-rockers en herbe. Ils ironisent sur la mort d'Oasis la veille ici, déclarant ne pas être passés loin non plus du split. Personne n'est dupe, vu le plaisir que semblent prendre les gars. En tout cas Dexter chante bien mieux qu'avant, et le rappel avec «Want You Bad » et « Self Esteem » permettra aux derniers guerriers dans la fosse de jouer des coudes. Reste qu'avec une telle set-list, pas sûr que grand monde y ait trouvé son compte : les néophytes regretteront le manque de communication du groupe, tandis que les fans, sachant qu'un sourire sur les lèvres des Offspring vaut bien plus qu'un discours de Bono, restent sur leur faim à cause d'une set-list bien trop calibrée. Un bon moment quand même, mais pas aussi bon qu'il aurait pu l'être.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
|