|
The Offspring : Zénith, 31 août 2011, Paris
Pour les groupes américains, l'été est souvent synonyme de tournée en Europe, avec dans la ligne de mire les festivals...
C'est que non seulement c'est bien payé, mais en plus ça donne l'occasion d'aller se dorer la pilule contraceptive dans de jolis pays. Histoire de bien profiter du Vieux Continent tant qu'on est dessus, il n'est pas rare de se rajouter quelques dates en salles autour, histoire d'aller manger des Big Mac dans le plus de capitales possible. Voilà donc que les tontons du punk californien de The Offspring sont en escale à Paris, posant leurs valises au Zenith pour 2 dates. Il y a visiblement eu un petit souci de visibilité, la date du 31 août ayant très vite été affichée complète, alors que les sièges des gradins sont loin d'avoir tous trouvé un fessier pour s'y poser. Etrange donc de faire deux dates de suite, plutôt qu'une complète, mais bon, ce n'est pas le problème des Royal Republic, les suédois qui font la première partie avec leur punk rock faisant forcément penser à leurs compatriotes de The Hives. Le premier truc qui choque, c'est l'absence totale de décor sur scène. Si les dernières dates en France étaient à Rock En Seine et une date privée au Trabendo, et donc justifiaient cet espace vierge comme une nonne, il est plus difficile à admettre, surtout en sachant que le groupe s'installe deux soirs de suite dans la même salle. Pour la tournée Splinter à Bercy, il y avait un joli décor lumineux, et pour celle de Conspiracy Of One, en 2001, il y avait un décor interactif, une batterie en hauteur et même des danseuses ! Alors oui, c'était il y a 10 ans, il y a eu la crise blablabla... The Offspring a donc opéré un plan d'austérité. Leur entrée sur scène se fait sans tambour ni trompette, un petit signe de la main du chanteur Dexter et c'est parti avec « All I Want ». La fosse part direct sur l'un des titres les plus rentre-dans-mémé du groupe, et ça enchaîne sec avec « You're Gonna Go Far Kid », le gros tube de leur dernier album en date, Rise & Fall, Rage & Grace. C'est ensuite la petite surprise avec une nouvelle chanson, que le guitariste Noodles appelle « The New Song », mais dont le vrai nom serait « November Song », qui est jouée. Dexter chante plutôt faux dessus, et le titre ressemble comme deux gouttes de limonade à « Times Like These » des Foo Fighters. Etrange donc, et peut-être une indication du prochain album sur lequel le groupe est en train de bosser ? Qui vivra verra. On repart dans les grands classiques du genre, et La Progéniture (google traduction inside) enclenche la machine à tubes. Et que le riff arabisant de « Come Out & Play », et que l'enchaînement de la mort qui tue « Have You Ever » / « Staring At The Sun », puis la radiophonique « Hit That », la ballade plus musclée qu'un petit suisse « Gone Away », la beatlessien ne « Why Don't You Get A Job ? » ou la chanson de teen movie par excellence « Kristy Are You Doing OK ? » : il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Comme dans un magasin Benetton. Toutes les générations ont le droit aux tubes associés à leur adolescence. Les trentenaires et plus s'enflamment sur l'intro à la basse de « Bad Habit » (la basse qui ne s'allume plus dans le noir, dommage), les vingtenaires sur la terrible « Americana » et les dizenaires sur tous ces titres, puisqu'il y a un Best Of. Depuis plus de 20 ans qu'ils jouent, on sait bien que The Offspring sur scène, c'est statique et des fois pas très en place (la chanson ska « What Happened To You? » bien massacrée par Dexter), mais ça envoie quand même du bois. Par contre ça en envoie un peu trop rapidement, en mode tronçonneuse. Juste après le gigatube « Pretty Fly (for a white guy) », la terrible « The Kids Aren't Allright » fait chavirer le Zenith avec ses « oh-oh » parfaits sur les couplets, et déjà le groupe retourne en coulisses. Evidemment il y a un rappel de 3 titres, avec «Hammerhead », « Can't Get My Head Around You » et « Self Esteem » (tout le monde saute et chante « lala, lalala, lala, lalala »), mais le set n'aura duré que 1h10. Il est 21h45 et quelques sifflets de déception accompagnent le retour des lumières dans le Zenith. On ne leur a pas dit que la rentrée scolaire n'avait lieu que la semaine d'après en France ? Photo : Benoit Rony
Sébastien Delecroix
|