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The Prodigy : 12 décembre 2008 – Brixton Academy, Londres ( Pias )
Après 4 ans d’absence, le plus grand groupe d’electro des années 90 célébrait son grand retour sur la scène de la mythique Brixton Academy. Et pour l’occasion, le line-up était enfin au complet.
Si en France nous avons quelque peu oublié The Prodigy depuis la sortie du terrifiant The Fat Of The Land en 97, la situation est bien différente en Angleterre. Le cyber gang y fait toujours partie des figures emblématiques de la scène musicale et chaque album/concert est toujours un événement national. On se retrouve donc tout logiquement projeté dans une Brixton Academy sold-out depuis des mois. L’ambiance est électrique et ce concert de chauffe est un bon moyen de refaire connaissance avec le groupe, à 4 mois de la sortie d’Invaders Must Die, 5e album dont le single éponyme vient juste d’être propulsé sur les radios britanniques. La méthode idéale pour bien chauffer les corps et les esprits. Et pour que le feu se propage, il suffira d’une petite étincelle. En l’occurrence, l’arrivée de Prodigy sur scène. Et en quelques secondes, c’est l’hystérie totale dans la salle. Les filles se trémoussent, les mecs lèvent les bras et tout le monde reprend en chœur les refrains cataclysmiques de la formation.
Sur scène, on aperçoit le cerveau Liam Howlett retranché derrière ses laptops (ceux-ci portent l’inscription « take me to the hospital », le nom de son tout nouveau label). S’il est le microprocesseur qui dirige cette machine cybernétique, Howlett préfère rester dans l’ombre et laisser ses sbires évoluer librement dans la lumière. Il n’ira jamais sur l’avant scène. Le terrain de jeu est donc occupé par les deux performers Keith Flint et Maxim. Deux styles radicalement différents. Flint (sur)joue à la perfection son rôle de punk : perfecto Gun Club sur les épaules, regard méchant et crachats incessants. Il en fait un peu trop et tombe parfois dans la caricature. L’attitude de Maxim est plus convaincante : peintures corporelles, artefacts vaudous et violence urbaine. L’animal incontrôlable ira même jusqu’à coller un pain au guitariste, qui s’écroulera dans la foulée avant que Maxim ne saute dans les 1ers rangs histoire de foutre un coup de pression au service d’ordre. Destroy jusqu’au bout des dreads et une nonchalance qui rappelle le Prodigy de la grande époque. Musicalement, le groupe n’a jamais sonné aussi rock. Les assauts technoïdes sont renforcés par une batterie métronomique et soutenus par quelques riffs de guitare ultra punks. Un véritable mur sonore qui colle une baffe à n’importe quel groupe de metal.
Et la setlist est aussi phénoménale que le spectacle est musclé : « Firestarter », « Smack My Bitch Up » et « Breathe » mettent tout le monde d’accord. Encore plus fort, le gang parvient à redonner une nouvelle peau aux titres de la période Music For The Jilted Generation. Un lifting réussi qui nous ferait presque oublier les versions albums. Enfin, le très minimaliste single « Invaders Must Die » a fait son petit effet en rappel t augure du meilleure concernant l’album. 11 ans après The Fat Of The Land, The Prodigy est donc apparu dans une forme olympique et possède toujours le potentiel nécessaire pour coller quelques coups de boule aux plus gros groupes de rock du moment. Plutôt pal mal comme performance lorsqu’on vient de la scène électro, non ? L’album arrivera dans les bacs en mars, nous voilà prévenus.
Thomas Mafrouche
Thomas Mafrouche
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