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The Prodigy : Rock en Seine 2009 ( Pias )
La meilleure idée de ce Rock En Seine cuvée 2009 aura incontestablement été de programmer Oasis. Et comme finalement dedans il y avait des pépins, leur séparation a permis au festival de se faire un gros coup de pub. La seconde meilleure idée ex-aeqo avec l'accueil du supergroupe Them Crooked Vultures aura été de laisser à The Prodigy le soin de baisser le rideau. Ou plutôt de le brûler.
Après un dimanche de feu, les dernières forces des festivaliers vont être sollicitées par les énergumènes anglais. La pelouse devant la Grande Scène est archi-comble, tout le monde est venu assister au spectacle. Et beaucoup, beaucoup, beaucoup vont en profiter pour faire bouger leurs cheveux en dansant ! Il faut dire que The Prodigy possède un répertoire de tubes electros assez... prodigieux. Alors voilà quelque chose comme 20 000 personnes en train de jumper ensemble, donnant au si classieux Domaine de Saint-Could une allure de décor apocalyptique. Le chaos règne dans la foule, mais aussi sur scène, sur laquelle les deux chanteurs donnent tout, quitte à des fois mal chanter. Tout est basé sur l'énergie, et les compos du groupe n'en manquent pas ! Il suffit de se prendre un tube puissant comme « Firestarter » dans les oreilles pour être pris d'une folle envie de se remuer les chevilles. Maxim Reality et le cyberpunk humain Keith Flint alternent le chant, et vont même tour à tour se frotter au premier rang en se perchant sur la barrière de sécurité. Des tueries comme « Omen », très bon titre tiré du dernier opus, ou l'inévitable « Breathe » se succèdent et ne laissent aucun temps mort, aucun répit à la foule. C'est une véritable rave party autorisée qui se tient là, et ce n'est que le début...
Maxim Reality incite ses « french people » à faire un circle pit (une danse virile venant du hardcore, consistant à courir en pogotant et en formant un cercle). La chose ne prend pas vraiment en France, mais là, un petit malin a réussi à introduire... un fumigène (oui la sécu à Rock En Seine est assez inexistante). Fort heureusement, il ne s'agit pas d'un fan d'Oasis qui s'immole, et quand la fumée rouge jaillit en plein milieu de la fosse, un cercle se dessine automatiquement, et voilà des dizaines de danseurs en train de jumper tout autour. Une vision apocalyptique qui sied parfaitement à la musique de The Prodigy, et qui permet à ce concert d'atteindre 9 sur l'échelle de Rocco (qui rappelons-le est une unité de mesure conçue par la NASA pour juger du niveau d'un concert en se basant sur le nombre de boules qui se secouent). Autre grand moment sur le gigatube « Smack My Bitch Up », puisque pendant le break, Maxim Reality fait s'assoir toute la fosse, qui se relève comme un seul homme quand part le dernier refrain. C'est tout simplement du délire, ça danse, ça chante, ça crie, et il est désormais quasi-impossible d'apercevoir une personne qui reste immobile sans le Domaine de Saint-Cloud. Ce bal même pas masqué continue dans l'anarchie la plus complète avec l'excellente « Take Me To The Hospital » ou « Poison », puis vient le moment du rappel, sur lequel tout le monde donne ce qu'il reste d'air dans ses poumons pour chanter « Out Of Space » avec le duo psychédélique.
Un grand moment, qui aura rassasié tout le monde et démontré la puissance dévastatrice du groupe sur scène, qui serait même capable de décoiffer Geneviève de Fontenay. Un bouquet final absolument parfait pour cette édition 2009 de Rock En Seine. Le seul truc qui aurait été plus fort, ça aurait été qu'Oasis annonce sa reformation et monte sur scène.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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