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The Stranglers : L’Olympia, le 5 février 2009 ( EMI )
Imaginez la scène, Jean Jacques Burnel se pose face à la foule de l’Olympia, frappe sa basse avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin Hermès et demande si son instrument «fait vibrer nos couilles. Non ? Alors j’augmente le son ». 34 ans après sa formation, les Stranglers sont de retour…
Ce soir, l’Olympia est envahi par une horde sympathique, celle des vrais punks. Entendez par là, ceux qui ont vécu les années 70 avec ses pogos, ses crêtes et ses épingles à nourrices dans les oreilles et non ceux qui s’éclatent sur Fall out boy. Ok, ils ont désormais la cinquantaine bien tassée, un petit bide amoureusement formé par des excès de boisson houbloneuses, ils sont aussi un peu dégarnis, mais portent avec classe le tee-shirt noir de leur groupe fétiche et même pour certain le kilt. Et oui, les fans club anglais, écossais et néerlandais du groupe se sont aussi donné rendez-vous dans la salle parisienne… Vous avez compris, ce soir, on laisse les bonnes femmes à la maison et c’est la fête avec les potes.
Evidemment, en 34 ans, les Stranglers ont laissé quelques plumes en ce qui concerne la formation, et du début, il ne reste que Jean Jacques Burnel à la basse et Dave Greenfield aux claviers. A la batterie, Jet Black est remplacé par un jeune roadie qui n’était sûrement pas né au début du combo et au chant-guitare, c’est Baz Warne qui remplace Paul Robert qui lui-même avait remplacé l’irremplaçable Hugh Cornwell. Du coup, le groupe semble ne pas vieillir physiquement et n’est pas non plus désabusé de chanter depuis quelques décennies les mêmes tubes, si nombreux soient-ils, indispensables à un bon concert des étrangleurs. Nous aurons donc droit à ce que le public est venu chercher, un best of.
Au menu donc, les incontournables Always the Sun, Peaches, Golden brown, Walk on by, No more heroes… Et comme cela ne suffisait pas, une reprise des Kinks, All day and all of the night, bonne occasion pour un fan en kilt de venir nous donner un cour d’Air guitar sur scène. Les versions sont carrées, nerveuses et s’enchaînent sans temps morts. Le décor ? Minimal. Le logo en énorme derrière les musiciens et des infographies très basiques (on a rêvé ou l’une d’elles reprend la pochette du premier album des Cure ?). On notera aussi que loin de l’image plus ou moins violente du groupe à ses débuts, nous avons droit ce soir à un Jean Jacques Burnel hilare durant tout le concert et qui n’hésite pas à nous faire une petite chorégraphie à la Pulp Fiction. Quand il s’«étonne » qu’il y ait autant de monde dans la salle «alors que votre président parle à la télé ce soir », il admet que la réaction du public à base de sifflets lui fait particulièrement plaisir. Hé, on ne se refait pas.
Résultat, un concert sobre et bon enfant par un groupe à qui l’on ne la fait plus depuis longtemps, qui n’a plus rien à prouver et qui s’éclate pour le plus grand plaisir d’une bande de fans totalement vouée à la cause des hommes en noir. Un regret ? 1h25 de concert alors que nous étions chauds pour au moins… All day and all of the night, justement.
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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