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U2 : Stade de France, Paris, 11 juillet 2009 ( Universal )
Quand le plus grand groupe du monde du rock du moment est à Paris pour deux concerts au Stade de France, on s’attend à un concert grandiose. Si côté spectacle nous en avons eu pour notre argent, la partie musique nous a laissé un peu sur notre faim. Fin d’une époque ?
Bon il faut l’avouer, U2 part cette année avec un gros désavantage : un album très moyen. Tellement moyen d’ailleurs que la tournée s’appelle 360°Tour, rapport au concept de la scène et non le No line on the World tour 2009, par exemple. Pourquoi 360° ? Tout simplement à cause de la scène placé normalement au milieu du stade afin que tout le monde puisse voir nos quatre irlandais faire leur jogging en chantant.
Autant le dire tout de suite, seul U2 a l’ego assez gros pour se trimballer cette scène, sorte de grosse araignée verte et orange, avec des lumières partout, des boules discos, de la fumée en veux-tu en voilà, une sorte de passage surplombant la foule relié à la scène centrale par des ponts qui bougent, un écran circulaire et plein d’autres trucs. Enfin bref, U2 joue sur un monstre qui prend la moitié du stade de foot et qui donne l’impression de vouloir décoller à tout moment. Rien à dire, l’effet est saisissant. Quand on aime U2, on « désire » la démesure. Contrat rempli !
21H15, U2 est sur scène et entame le show avec quatre chansons du dernier album. C’est pas con, autant se débarrasser du boulet tout de suite. Problème, le son est vraiment épouvantable et il faut faire un certain effort pour apprécier les solos de The Edge ou la voix de Bono. C’est vraiment con d’avoir dépensé tout son budget dans le décor et de négliger le son. OK, par la suite, cela va s’arranger… un peu.
Après une version pied au plancher de Beautiful day, la set-list va s’embourber. En fait, on ne sait pas vraiment ou le groupe veut en venir. Un peu comme s’il souhaitait faire plaisir à tout le monde. Les gens voudraient entendre les classiques ? Ils auront droit ce soir à « I Still Haven't Found What I'm Looking For », « Sunday bloody Sunday » ou « With or without you ». Ok, il faut contenter les fans hardcores qui veulent des raretés. Pas de problèmes, ils auront des orgasmes non retenus sur les rares « The unforgettable fire » ou « MLK »… Mais le reste de la set-list, U2 l’a t-il choisi à pile ou face? Avions-nous besoin d’entendre « In a little while » ou « Ultra violet » qui font retomber la pression en plein milieu du set et de finir sur Moment of surender, titre très chiant du dernier album? Résultat, le concert donne l’impression de décoller, puis de retomber puis de se reprendre et ainsi de suite. Hé les U2, depuis le temps que vous faites des concerts, ne nous dite pas que vous ne savez pas pondre une set list qui retient la sauce deux bonnes heures avant de tout nous faire cracher sur les rappels ?
De plus, cette impression que le concert ne décolle jamais est renforcée par des discours sur les sujets préférés de Bono, le combat d’Aung San Suu Kyi, la dette du tiers-monde… Hé Bono, si un discours lors d’un concert pouvait changer quelque chose, on le saurait, non ? Et pour finir, il y a aussi des choses qu’on se demande ce qu’elles font dans un concert de rock. Cela sert à quoi cette longue interview plus ou moins en direct des membres de la station spatiale internationale ? Nous ne sommes pas au journal de 20 heures. Bref, à part les inconditionnels qui se sont agglutinés devant et qui s’éclatent à juste titre, on s’emmerde grave dans les gradins surtout que décidément, ce Stade de France est vraiment trop grand pour voir quelque chose.
Le deuxième problème et là, c’est plus grave. C’est que Bono a pris un sacré coup de vieux. On sait depuis un moment que Bono ne gueule plus comme dans les années 80 mais maintenant, il n’est même plus capable de se déplacer sur ses énormes scènes. Du coup, la plupart du temps, il reste sur la partie centrale derrière son micro à faire le cabot pour les premiers rangs. Seul The Edge a l’air de s’en sortir. C’est bien la peine d’avoir créée ce monstre scénique non ?
Bon, restons positifs. Il paraît que le groupe pourrait revenir l’année prochaine. On va donc donner un ou deux conseils aux U2. Un comble, non ? Hop, vous revoyez votre set-list de fond en comble et vous privilégiez des titres qui déchirent leurs races sur scène, hop vous arrêtez de jouer au Stade de France (Vous pouvez venir à la maison jouer dans le salon…), Hop Bono reprend le sport et prend des vitamines et promis vous restez le meilleur groupe du monde sur scène. Alors, rendez vous en 2010 ?
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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