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Yannick Noah : Vieilles charrues 2007
Ouvertement populaire, le festival des Vieilles charrues invite le préféré des français, le temps d’un concert disons… professionnel.
Quelques minutes avant de monter sur scène, une frénésie inhabituelle agite le monde des VIP ou la méthode champenoise coule à flot. Que se passe t-il ? Une rencontre fortuite entre Adamo et des membres du conseil régional ? Pas du tout. Juste Yannick Noah qui offre quelques minutes de son temps pour une conférence de presse. Et à voir tout ce monde qui tourbillonne autour du chanteur, on comprend mieux l’impact du phénomène. C’est vrai qu’à le voir comme ça, il a l’air sympa Yannick. Le journaliste d’investigation remarquera aussi que sous le débardeur, il déborde une masse inhabituelle de muscles qui invite au respect (et au compte-rendu consensuel). Ben oui, c’est bien connu, le journaliste rock est pleutre sinon, il serait à Bagdad et non à Carhaix pour passer le week-end.
Lorsque un peu plus tard, Yannick Noah arrive sur scène, le phénomène prend toute son ampleur. Il n’a pas encore chanté une seule note, que déjà le public est en pamoison : «Oh ce qu’il est beau», «Quelle classe il a ce Yannick». C’est clair, il se passe quelque chose autour de Yannick et ce n’est sûrement pas la finale de Roland Garros qui date de 1983, encore moins sa dernière campagne pour les slips Sloggi. Serait-ce donc la musique ?
Il est vrai que sur scène, Yannick Noah ne fait pas dans la demi-mesure ni dans l’économie de moyens. Il ne se refuse rien, des musiciens en nombre suffisant, des choristes mais aussi une logistique incroyable. Rien à dire, le son est limpide comme sur un cd, les versions des chansons aussi carrées que sur l’album. Tout est impeccable, trop même. Les muscles précités (et sûrement aussi l’honnêteté du sportif de haut niveau…) nous empêchent de dire que c’est du play-back, mais on y songe quand même un petit peu. Du coup, on se demande quel est vraiment l’intérêt de voir ce concert par rapport à une écoute de l’album. L’occasion de voir l’artiste,en chair et en muscles, le sportif, l’homme aux multiples engagements caritatifs ? C’est vrai qu’il possède un charisme surprenant. D’entendre d’un coup les nombreuses chansons positivement populaires (de Saga Africa à Aux arbres citoyens)? De voir un spectacle très bien foutu ? Peut-être un peu de tout cela… mais on aurait aimé que l’artiste sorte un peu d’une mise en scène un peu trop lisse et savonné, qu’il se lâche un peu aussi. Bref, qu’il dégage un peu d’émotion.
En tout cas, le public en redemande. Et c’est le principal non ? ah ces journalistes rock, non seulement ils sont pleutres mais en plus… jaloux.
Frédéric Fahy
Frédéric Fahy
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