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50 Cent : Before I Self Destruct ( Universal )
50 Cent revient avec un disque et un film. Côté visuel, Fifty se montre en Terminator marchant sur des champs de ruines. Et il faut avouer qu’il a balancé un gros coup de bazooka à son rap, plus dark, plus profond et, étonnamment, plus mélodieux.
Quand est un poids lourd du rap comme 50 Cent, pas étonnant qu’on prenne son temps pour sortir son 4ème album. Surtout quand son précédent n’a pas vraiment fait les scores escomptés. En effet, après les 22 millions d’exemplaires vendus de Get Rich or Die Tryin’ et de The Massacre, son Curtis a difficilement atteint les 2 millions au niveau mondial.
Et rappelons aussi que le MC s’est pris une bonne petite claque à l’ego après avoir joué toute sa carrière sur un pari risqué : vendre plus que le Graduation de Kanye West, sorti le même 10 septembre 2007. Ajouté aux scores pitoyables du très mauvais Terminate On Sight de son groupe G-Unit, on comprend que l’homme aux neuf balles dans le corps ait quelque peu attendu avant de sortir un nouvel opus… Mais à force de faire poireauter les fans, on risque de sortir l’album que plus personne n’attendait vraiment…
50 Cent se devait alors de revenir en force. Et à l’image de son visuel coup de poing, les 16 titres ont de quoi étonner. Bien sûr, on ne change pas comme ça un bad boy et on a forcément droit à des titres ultra misogynes comme Get It Hot ou aux sempiternels egotrips où il aime à dire que c’est lui qui a le plus gros… micro (ou gun au choix), à l’image du down tempo I Got Swag. Gangsta rap oblige, n’oublions jamais que ce rappeur-là est censé être un gros méchant sexy.
Mais il y a aussi beaucoup de surprises sur ce disque. Aux prods, pour commencer, beaucoup de réalisateurs assez peu connus comme Lab Ox, Tha Bizness, Team Demon ou Nascent. 50 Cent a presque fait appel à un producteur différent par titre. Et bizarrement, on retrouve tout de même la même ambiance lourde et pesante sur chacun des morceaux. Même quand Dr. Dre signe un titre, on sent la nouvelle noirceur du rappeur. Que ce soit sur le son oldschool de Death To My Enemies, le sépulcrale OK, You’re Right, pied de nez à ses détracteurs ou encore le génialissime duo avec Eminem, Psycho, où Curtis montre ici une nouvelle facette, plus isolée et torturée.
Choisissant un peu plus de sobriété, Fifty a mis le frein sur les prods prestigieuses comme sur les feats. On ne trouve donc aux tracklisting que Ne-Yo (pour le tube Baby By Me) et R. Kelly (sur le bonus Could’ve Been You où le flow de 50 Cent se fait étrangement plus velouté). Certains de ses titres sont, il faut l’avouer, à mettre très vite à la poubelle. Soit par total manque d’originalité (le vocodé Do You Think About Me) soit parce-que la tentative de faire mieux que l’original est un ratage complet (aaargh, ce Gangsta’s Delight qui n’arrive même pas au gros orteil du mythique Rapper’s Delight). Et pas mal de ses morceaux, down-tempo, peuvent sonner à l’oreille de certains fans, comme lancinants et ennuyeux. Mais certains samples funk-soul collet parfaitement à ses lyrics plus réfléchis et un titre comme So Disrespectful montre que le potentiel de 50 cent est encore bien présent.
Pas vraiment du grand Fifty mais pas de quoi annoncer son auto-destruction.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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