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50 cents : Curtis ( Universal )
Un album de 50 Cent est toujours un évènement. Depuis la sortie, en 2002 de son premier opus, "Get Rich Or Die Tryin", l’ascension fulgurante du rappeur, désormais connu mondialement, n’a cessé de se confirmer. Curtis de déroge pas à la règle.
La preuve : 690 000 albums vendus en une semaine aux Etats-Unis et en France, il effectue une entrée dans les ventes en 3e place, devant Kanye West, son principal rival ces derniers temps, qui ne fait que 9e. Au niveau du contenu, il ne faut pas se le cacher, peu de surprises. Le « son » 50 Cent est si reconnaissable, avec ses grosses basses, qu’on a parfois l’impression d’écouter le même titre à l’infini. Cependant, quelques bonnes surprises sont au rendez-vous.
Après le très critiqué "The Massacre", Fifty a choisit un retour aux sources de son rap, celui qui avait fait son succès : un rap énergique, orienté hardcore. Côté productions, il n’y a que du lourd, même si la plupart des producteurs sont de relatifs inconnus, dont on entendra sûrement reparler… Dre ne produit qu’un morceau "Fire, mais c’est une véritable tuerie taillée pour les dancefloors. Eminem, quand à lui, produit et apparaît en featuring sur "Peep Show", avec un seul tout petit couplet qui nous laisse sur notre faim. Timbaland signe l’énormissime "Ayo Technology", interprété par Justin Timberlake. D’ailleurs, au niveau des invités, le roi Curtis Jackson (de son vrai nom) s’est également fait plaisir : Eminem et Justin Timberlake donc, mais aussi Tony Yayo (mettant ainsi fin à toutes les rumeurs de querelles entre les deux MC), Robin Thicke (la nouvelle sensation R&B aux USA), Mary J Blidge (pour un All Of Me très soul) et Akon (pour le violent I Still Kill). Etonnement, aucun membre de son groupe G-Unit, en perte de vitesse depuis quelques temps, n’est présent sur cet opus.
Cependant, on a parfois du mal à s’extasier. Peut-être un peu parce que l’on connaissait déjà presque la moitié de Curtis avant qu'il ne sorte, la plupart des extraits étant disponibles en écoute depuis des semaines sur le web. Peut-être aussi parce que 50 Cent, un peu trop sûr de sa suprématie, ne s’est pas vraiment donné les moyens du changement. Comme toujours, il fait l’apologie de l’argent (I Get Money, Straight To The Bakn) tout en crachant sur les couples de stars qui se pavanent dans les soirées (Fully Loaded Clip, produit par Havoc), donne une image putassière des demoiselles (cf ses clips et les photos du livret), abuse des bruits de tirs en vidant ses chargeurs à tout va. Alors, ceux qui s’attendaient à du 50 Cent ne seront pas déçu. Ceux qui s’attendait à être étonnés ne le seront certainement pas.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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