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AC/DC : Black Ice ( Sony/BMG )
Dans la famille des plaisirs coupables, AC/DC figure en bonne place. Qu'on soit ou non fan de metal, il faut être coincé pour ne pas avoir un faible pour les Australiens.
Leur hard rock bluesy boogiesque aux entournures a beau être bourrin, leurs paroles plus macho qu'un commentateur sportif qui s'emporte, dès qu'on entend un demi-riff d'Angus, on tape du pied en expédiant notre bonne conscience de rock'n'roll girl féministe aux orties. Pourquoi ? Parce qu'AC/DC a quelque chose de rassurant : les temps peuvent changer, Angus portera son uniforme d'écolier jusqu'à la tombe, Brian Johnson s'époumonera comme un poulet en rut agonisant, les frangins Young n'emploieront jamais un DJs ou un rapper pour revamper leur image… Et puis, leurs gros singles qui tachent parlent au cerveau reptilien, zone érogène trop souvent négligée par les intellos de la musique.
C'est à lui que parle Rock'n'Roll Train, premier morceau de ce quinzième album, futur classique du groupe : une rythmique qui cogne, des riffs qui transpirent sous les bras, on n'en demande pas plus. La suite tourne rond, enfin, comme du AC/DC bien carré, sans prétention, avec d'excellentes surprises, à l'instar de Stormy May Day, un blues à l'intro menaçante qui fait monter la pression jusqu'à l'intervention de Brian Johnson, cordes vocales quasi au repos.
Le souci, c'est que les Australiens profitent de leur retour après huit ans d'absence pour refourguer leurs fonds de tiroir, y compris ces morceaux bof-bof sonnant comme du Bon Jovi. Et là, on n'est pas d'accord. AC/DC, comme dit un de nos amis grand fan du groupe, ça se doit de sentir la bière, pas le sirop.
Alors pour apprécier Black Ice, on écrème. Sur l'i-Pod, on ne garde que les hymnes, genre War Machine, guerre éclair des tympans, Decibel ou Black Ice, du très bon AC/DC, bas du front et excitant comme il faut. Et on oublie les tranches de rock FM pour stade américain avec leurs titres embarrassants (oui, même pour les auteurs de perles de subtilité telles Ballbreaker ou She's Got Balls) style Money Made ou She Likes To Rock N Roll. Pour cette fois, on pardonnera les excès, mais que ça ne se reproduise plus. Et élève Angus, la prochaine, plus de solos jouissifs, merci.
Isabelle Chelley
Isabelle Chelley
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