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Alicia Keys : The Element Of Freedom ( Sony/BMG )
On l’avait tellement aimé dans le génial Empire State Of Mind de Jay-Z qu’on posait d’énormes espoirs sur ce 4ème opus. On souhaitait une Alicia nouvelle, libérée de ses carcans de gentille fifille. Et le résultat est mi figue-mi raisin…
Un beat entêtant, un timbre velouté qui part en puissance pour hurler son amour de new york, un refrain qui rentre immédiatement dans la tête… Non, ne cherchez-pas, cet Empire State Of Mind qui a squatté les charts et les ondes en cette fin 2009 n’est pas sur le nouvel Alicia Key mais sur l’excellent Blue Print 3 de Jay-Z. N’empêche que cette très bonne surprise ne pouvait que nous donner l’eau à la bouche. D’autant qu’avec le tourbillon médiatique dans lequel elle avait été entrainé suite à sa love affair avec Swizz Beatz, l’on était en droit d’espérer une explosion de la féminité, de la liberté de créer de miss Keys.
Et dans un premier temps, l’on n’a pas été déçu. Exit le tout piano (même s’il en reste de grosses nappes un peu partout) et la voix seulement soul, aussi chaude et profonde soit-elle, qui interprète finalement des ballades qui se ressemble énormément. S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à cet album, c’est de ressembler aux trois premiers. Musicalement, pour commencer, Alicia est partie visiter d’autres contrées que la soul-R&B qui avait fait ses belles heures. L’on trouve alors une guitare électrique sur Love Is My Disease, de très judicieux effets de voix électro-funky sur Love Is Blind, de la pop 90’s sur This Bed…
En faisant appel à de nouveaux collaborateurs comme Jeff Bhasker, Swizz Beatz ou encore Noah "40" Shebib, la belle a eu le nez creux. Si on la sent plus libre au niveau de la création musical, elle l’est également au niveau du propos. Emancipation oblige, Alicia s’offre des titres bien plus hots que d’habitude, à l’image de This Bed ou du jubilatoire Put It In A Love Song en duo avec Beyoncé. Preuve en est, s’il le fallait encore, que la chanteuse est désormais entrée au panthéon des divas. Son timbre est l’objet de quelques menus changements aussi. Rien de spectaculaire tant l’organe nous avait déjà bien époustouflé sur les disques précédents. Mais on sent clairement qu’Alicia s’amuse avec sa voix, la laisse partir parfois dans tous les sens.
Et c’est bien là que la cohérence est mise à mal. A force de vouloir faire du tout nouveau, on fait parfois du tout n’importe quoi. Rassurez-vous, ce n’est pas du tout le cas de cet album. Mais ça aurait pu. De nombreux titres sont super forts et resteront dans sa discographie pour longtemps, comme Doesn’t Mean Anything, Try Sleeping With A Broken Heart (pour une fois, les singles ont été bien choisis !) ou Love Is Blind (véritable coup de cœur). Mais, s’ils restent plus qu’écoutables, une bonne moitié de ses essais musicaux ne sont pas concluants. Dommage, ce n’est pas encore l’album-qui-va-tout-casser qu’on attendait…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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