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Alkaline trio : This Addiction
Connu par une poignée de gens en France, Alkaline Trio est un groupe de Chicago pas loin d’être culte aux Etats-Unis et en Angleterre. Pourquoi ? Tout simplement parce que leur identité visuelle forte (empruntant beaucoup au style gothique) est également au service de leur musique, que l’on pourrait qualifier de « punk mélancolique ».
L’amour, la mort. La mort, l’amour. Si les sonorités entre ces deux termes sont proches, elles sont également celles qui parsèment la discographie d’Alkaline Trio. Une poignée d’accords, des arrangements new wave, une énergie au service de mélodies tristounettes mais jamais totalement dépressives, et on en arrive à quelque chose de tout simplement beau. Cet album, septième du groupe, ne déroge pas à la règle et offre une poignée de tubes potentiels que l’on n’entendra pas sur les radios françaises. Le premier single, « This Addiction », donne non seulement son titre à l’album, mais également une pêche grosse comme ça, avec son refrain qui reste en tête. La distorsion est encore au service du romantisme avec « Dine Dine My Darling », où la guitare en palm mute confère une rythmique clinquante et une approche résolument catchy à ce titre chanté par Dan Adriano, bassiste de son état.
Comme d’habitude les deux chanteurs se passent le relais, avec toujours un peu plus de Matt Skiba au final. D’ailleurs le guitariste signe les titres les plus intéressants, comme ce « Lead Poisoning » où d’ inattendues trompettes viennent résonner, ou bien cet « Eating Me Alive » pas loin d’être génial grâce à son clavier de type new wave qui vient parfaitement s’incorporer dans la formule du groupe.
L’ensemble est résolument sombre mais jamais totalement, les lignes de chant et riffs de guitare conférant aux chansons un aspect pratiquement optimiste, bien que contrastant avec la teneur de paroles ne tournant quasi-exclusivement qu’autour de ces deux cousins pas très éloignés : l’amour et la mort. Gérard de Nerval a écrit : « Etre seul c’est la mort, être deux c’est la vie / l’amour, c’est l’immortalité ». Les Alkaline Trio semblent eux s’évertuer à penser que l’amour peut également tuer à petit feu, et plonger l’individu dans une accoutumance le rendant finalement mortel. Voilà ce qui fût sans doute leur point de départ pour « This Addiction ». Ca et une volonté de pondre des tubes efficaces et capables de devenir addictifs dès la première écoute. C’est réussi, et on vient vraiment à regretter que la BO du Alice Au Pays Des Merveilles de Tim Burton ne leur ait pas été confiée, plutôt qu’à toutes les crapuleries de Tokio Hotel, Metro Station et autres horreurs que seul le maquillage anime.
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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