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Amadou et Mariam : Welcome To Mali ( Because music )
Jouons cartes sur table : Dimanche à Bamako m’est toujours tombé des oreilles. Pourtant fan de Manu Chao, impossible d’écouter cet album, sorti en 2003, trop charmant, trop gentil, trop « bon esprit ». C’est donc avec appréhension que j’ai tendu une oreille à Welcome To Mali, le nouvel opus du "le couple aveugle du Mali". Et miracle, en seize titres je me suis réconciliée avec Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia. C’est jamais bon de rester fâchés trop longtemps…
Franchement plus hybride et inventif, Welcome To Mali a su occidentaliser la musique d’Amadou et Mariam tout en restant fidèle à son essence. Pour leur authenticité, on apprécie ainsi énormément les morceaux les plus « traditionnels » chantés dans leur langue d’origine, Magosa, Djuru, Batoman ou le dansant Sebeke. Réalisé par Marc-Antoine Moreau et Laurent Jaïs, qui avaient déjà opéré aux côtés de Manu Chao pour Dimanche à Bamako, ce nouvel opus offre à la musique traditionnelle jouée et chantée par le couple toute son authenticité et sa force. Peut-être parce que les instruments traditionnels se mêlent à la perfection aux basses et autres guitares électriques ou effets de vocoder.
Novateur, vitaminé, joyeux, Welcome To Mali est surtout l’album des pures collaborations. Et des purs mélanges. Les malien se la jouent funk en jouant aux côtés du grand Juan Rozoff (Je Te Kiffe), oscille entre rock et country avec –M- (Mathieu Chédid) sur Masiteladi, mélangent quelques beats de hip-hop à leur balafon en présence du rappeur canadien K’Naan pour un Africa un peu simplet. Ils touchent même à l’afro-beat grâce à Keziah Jones, Unissons-Nous. Mais surtout, Amadou et Mariam ont eu la chance de croiser la route de Damon Albarn, fan de musiques africaines depuis longtemps, qui avait déjà sorti un génialissime Mali Music en 2002. On retrouve d’ailleurs ce goût prononcé pour les hybridations, déjà bien reconnaissable il y a six ans, sur Sabali. Synthétiseurs et voix galactiques, presque indiennes dans les aigus, se marient pour un titre planant, lumineux et époustouflant. Même très jolie performance sur Ce N’est Pas Bon, critique politico-sociale encore une fois un peu ingénue. Mais cette fois, la candeur du couple énerve moins. Elle se transforme même parfois en véritable fraicheur. Une belle évolution.
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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