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Amy Winehouse : Back To Black ( Universal )
Comment un album devient-il culte ? Il n’y a pas de recette toute faite. Quand Back To Black arrive sur le marché du disque, en 2006, c’est un grand vent frais que des millions de fans respirent avec grand plaisir. Aujourd’hui, l’album s’est vendu à plus de onze millions d’exemplaires dans le monde, Amy Winehouse a sa statue de cire au musée de Madame Tussaud mais surtout elle fait tous les jours la une de tous les tabloids. On en oublierait presque quelle extraordinaire chanteuse elle est. Et à quelle point elle a ré-introduit le jazz et la soul dans le paysage musical mondial !
Beaucoup voient en elle la version féminine de Pete Doherty (le chanteur du groupe de rock Les Libertines). Mais à l’écoute de Back To Black, son second album, le doute n’est plus possible : Amy Winehouse serait plutôt la version hard de Billie Holliday. Dés les premières notes, on a l’impression d’écouter un vieux disque de rythm’n blues. Fan déclarée des groupes américains de filles des années 60 (comme les Shangri-La’s ou les Crystals), Amy Winehouse pose sa voix à la fois nasillarde, profonde et puissante sur une instrumentation baroque mise au goût du jour par le producteur Mark Ronson (producteur de titres pour Lily Allen, Cristina Aguilera ou Robbis Williams). C’est d’ailleurs ce dernier qui est, sans conteste, l’artisan du succès planétaire de cet album.
En effet, la demoiselle était en totale panne d’inspiration après Frank. Alors qu’elle n’avait rien écrit depuis dix-huit mois, sa rencontre avec Mark Ronson l’inspire au plus haut point et Back To Black voit le jour en six mois. On trouve donc des rythmes soul-jazz remis au goût du jour à l’image du merveilleux Me & Mr Jones ou du pouré Addicted. La chanteuse s’en donne d’ailleurs à cœur joie et pousse sa voix dans tous les coins, minaudant autant qu’elle le peut. Elle joue, surjoue même chacun des titres, leur offrant ainsi une dimension supplémentaire.
Côté textes, Amy Winehouse « la bien nommée » parle crûment de ses travers d’alcoolique, de ses gros coups de blues, de ses déceptions amoureuses. Des mots bien sombres posés sur des musiques bien gaies. Ne sachant parler que de ce qu’elle a elle-même expérimenté, Amy utilise cet album comme d’un véritable journal intime. Aussi envoutant que dansant, Back To Black est un concentré d’énergie et de vie. Il reste à craindre que ce formidable exploit ne soit pas renouvelé par la jeune femme, aujourd’hui en bien piètre état. Espérons que l’on se trompe…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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