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Amy Winehouse : Frank ( Universal )
Le premier album d’Amy Winehouse est totalement passé inaperçu en France comme dans le reste du monde. Difficile à croire ? Pas tant que ça quand on écoute ce disque somme peut-être un peu trop classique.
A dix-neuf ans, une jeune anglaise à la voix déjà éraillé enregistre son premier opus. On est en 2003. Avant ça, la jeune femme a été chroniqueuse « showbiz » pour l’agence World Entertainment News Network et a poussé la chansonnette dans un orchestre de jazz. Par chance, son petit ami de l’époque, James Tyler, est un chanteur de soul qui a l’oreille. Il sait déceler son talent, envoie une maquette et lui décroche ainsi un contrat en maison de disque. La légende Amy Winehouse est née. Enfin presque… Frank n’est pas vraiment le premier album à succès que tout le monde attendait.
Alors qu’est-ce qui cloche dans ce nouvel album ? Hé bien c’est peut-être justement qu’il n’a rien de nouveau. On ressent bien ici les influences jazz soul années 70. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont pas du tout mises au goût du jour. Et contrairement à sa camarade Sharon Jones, à qui elle « empruntait », à cette époque-là, son groupe The Dap Kings, Amy manque cruellement d’énergie et de profondeur. On entend déjà dans la voix tout son énorme potentiel de diva soul. Mademoiselle chante comme si elle avait passé toute sa vie au micro de petits clubs de jazz enfumés. Elle narre avec ironie ses expériences amoureuses passées, affirme son désir d’indépendance ou fustige la perversité des hommes. Les textes sont donc assez bien sentis.
C’est surtout au niveau de la production que ça pêche. Les titres de cet albums ont étés enregistrés un peu partout : Londres, Miami, New Jersey, New York. On se retrouve au final avec des sons très différents d'un morceau à l'autre. Et assez vieillots. Stronger Than Me, le single, peine vraiment à décoller. Le cinglant What It Is About Men est presque déprimant. Et Fuck Me Pumps est assez faiblard. Même si on truouve Salaam Remi à la production (comme pour Back To Black) la petite touche électro-funky de Mark Ronson manque cruellement. La demoiselle elle-même avoua plus tard que sa maison de disque lui avait imposé des remixs qu’elle n’aimait pas.
A la sortie du second opus, elle ajouta d’ailleurs : « Je ne peux même plus écouter Frank - en fait, je n'en ai jamais été capable. J'aime interpréter les morceaux en concert parce que c'est différent, mais les écouter, c'est une autre histoire. » Si c’est elle qui le dit…
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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