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Arcade Fire : Neon Bible ( Universal )
Deux ans après sa consécration, la révélation rock de l'année 2005 revient avec un second album. Il n'a certainement pas été facile, pour Arcade Fire, de donner une suite à à « Funeral » tant ce premier disque a tout raflé à sa sortie : des millions de copies vendues, des concerts joués à guichets fermés devant des milliers de personnes, des médias dithyrambiques et des fans hystériques. Notons, parmi ces derniers, la présence de U2, de David Bowie ou de David Byrne (ex-Talking Heads).
« Neon Bible » conserve l'univers mystérieux, quasi-mystique et sombre d'Arcade Fire. « Funeral » trouva d'ailleurs, en partie, ses sources mélancoliques dans plusieurs évènements tragiques arrivés pendant sa composition : les décès de la grand-mère de Régine Butler-Chassagne (accordéon, chant), du grand-père des frères Butler (chant-guitare pour Win, synthés pour Will) et de la tante de Richard Parry (orgue). Pour enregistrer ce nouveau disque, le groupe a choisi de s'isoler dans une église de la campagne montréalaise. Son titre, « Neon Bible », est tiré d'un roman de l'Américain John Kennedy Toole, un écrivain qui se suicida, en 1969, par déception de ne pas être publié, mais dont le succès fut énorme après sa mort... Musicalement, « Neon Bible » a été composé avec une ligne conductrice : ne pas tomber dans la redite, éviter de (trop) reconduire la formule à succès de « Funeral ». A ce titre, les fans de la première heure pourront être déçus... Enregistré avec Markus Dravs (Björk, Brian Eno...), « Neon Bible » présente des chansons simplifiées. Les morceaux sont plus limpides, moins lyriques. Avec des instruments très divers (mandoline, cuivres, un chœur de l'armée hongroise !), le sextet parcourt des thèmes éclectiques : rock & roll classique avec My Body Is a Cage, rock noisy avec Ocean of Noise (qui évoque les Pixies de la période Bossanova) ou new wave (le magistral No Cars Go). Pour autant, à trop vouloir montrer une face sobre, moins grandiloquente, plus mature, Arcade Fire perd souvent de sa magie et de sa splendeur. « Neon Bible » reste un excellent disque de rock contemporain, certes, mais ne il marquera pas autant que « Funeral ». Damien Almira
Damien Almira
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