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Arthur H : Baba Love
Adieu tristesse, le nouvel Arthur H est définitivement un artiste heureux. Resté Homme du monde, il livre ses émotions pures avec une simplicité toute nouvelle…
D'Arthur H, on reconnaît la voix, le débit, les intonations. Mais c'est presque tout. Le style, les thèmes, les inspirations musicales… Tout a changé. On est tout perdu. Et on adore ça! A vrai dire, c'est un peu la deuxième fois que ça nous fait ça. Pour L'homme du Monde, en 2008, déjà, Arthur H avait mis de côté ses ambiances empreintes de jazz, d'envolées cinématographiques et délirantes. Sans tomber pour autant dans le limpide, cela restait le fantasque Arthur H quand même! Mais avec beaucoup plus de paillettes, de futilité, de danse, de clarté. Son premier single, Dancing With Madonna, accompagné d'un clip délirant où le chanteur se prenait pour un super héros, était quand même une première. Même s'il avait déjà esquissé ce genre de virage sur Est-ce que tu aimes avec M en 2005 ici, on sentait la volonté de montrer à ceux qui l'ignoraient que le fils d'Higelin était autre chose qu'un artiste cyniquement drôle.On continue donc de s'amuser sur Baba Love. On retrouve quelques rythmes soul, groove et funk des seventies de l'opus précédent. Mais tout est purifié, comme touché par la grâce d'arrangements qui ne volent que vers l'essentiel. Il faut dire que l'équipe a quelque peu changé: le jeune Joseph Chedid à la guitare, une section rythmique infernale tenue par Aymeric Westrich et Alexander Angelov des groupes Aufgang et Cassius accompagnés de Vincent Taurelle, entre autre pianiste du groupe Air. Le tout réalisé avec Derya Uzun, son compagnon de son. Quand on parle de pureté, l'on pourrait également parler de quelque chose de plus organique. Qui s'explique peut-être par l'enregistrement, fait sur bandes analogiques, "à l'ancienne" au mythique Studio Black Box.La pochette est à l'image des sentiments qui nous envahissent à l'écoute de ces douze titres: de l'étrange intimité, de la plénitude, l'on se laisse porter et tout le flou devient plus clair. Comment souvent chez Arthur H, chaque écoute est une véritable aventure humaine. Mais ici, sans jamais se sentir mal à l'aise, on sent de grandes vagues de ravissement aux sons des mélodies à la fois simples et foisonnantes. Nullement incommodé, bien au contraire, par les propos d'une folle sexualité de Prendre Corps, on s'y abandonne, alors qu'on danse en souriant sur le doucement disco Give Me Up, au double discours empli de sensualité. On voyage dans sa navette spéciale sur Baba Love, l'on fait quelques petits bonds au-dessus d'un Arc-en-ciel avec Claire Farah et, accompagnés de Jean-Louis Trintignant, sur une simple ligne de piano, on se laisse griser par une poésie illuminée de L'ivresse des hauteurs, racontant la rencontre de deux alpinistes avec des fées magiciennes. Beaucoup de sentiments amoureux, délicats sur le génial La beauté de l'amour avec sa sœur Izia, violents sur Basquiat avec Saul Williams, doucement ondoyants sur Un rayon de soleil, amusants et asiatique ssur Le paradis il est chinois et juste planants sur Dis-moi tout.Comment ne pas adorer autant d'amour partagé!
Adeline Lajoinie
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