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Ash : 1977 (Deluxe edition) ( Warner Music )
Retour en 1996. Alors qu’une grosse poignée de sujets de Sa Majesté étendent avec la britpop le rayonnement de leur île à toute la planète dans un fac similé plus ou moins convaincant de la « british invasion » modèle 63, un trio de sales gosses nord irlandais même pas majeurs aguichent les tympans de la presse anglaise, l’inénarrable NME en tête, au moyen de quelques rock songs diablement bien troussées.
Mêlant avec un talent insolent les guitares abrasives du grunge et un sens de la mélodie catchy dont les originaires de cette partie du globe semblent à peu près tous doués (les salauds !), Ash allait rapidement imposer son hégémonie sur le reste du Royaume Uni, et ce dès 1994. Songwriter frôlant le génie, Tim Wheeler – 15 ans à l’apparition des premiers symptômes – bricole dans sa chambre d’ado sur un quatre pistes les versions préhistoriques de futurs hymnes comme « Jack Names the Planets », « Uncle Pat » ou « Girl From Mars ». Quelques 45 tours plus tard (quand on vous dit que ces gens-là ont le bon goût solidement vissé aux gènes), le mini-album Trailer met en 1994 le feu aux poudres et déclenche une « Ashmania » qui culminera deux ans plus tard avec 1977, incontournable hit de l’année 1996 et pierre angulaire de la cause rock d’outre-Manche.
Enfants turbulents des Pixies (dont ils assureront d’ailleurs quelques premières parties lors de leur tournée de reformation en 2004), Wheeler et ses camarades partagent avec leurs glorieux ancêtres le goût des mélodies contorsionnistes baignées d’urgence (« Lose Control », « Girl From Mars », « Kung Fu ») et l’évidence pop de contemporains comme Oasis (auxquels ils emprunteront même le producteur, Owen Morris), le tout aspergé d’une grosse rasade de sous-culture (les références à la pelle dans « Kung-Fu », le bruit des vaisseaux de Star Wars – sorti en… 1977 ! – qui ouvrent l’album…).
À l’occasion des 12 ans de ce disque mythique – et à une époque où le groupe s’enlise malheureusement dans un lent déclin – Ash ressort aujourd’hui l’album dans un triple digipack luxueux comprenant l’album original remasterisé, l’excellent mini-album Trailer, les Live at the Wireless et Live at Reading 96 datant tous deux de la même époque, ainsi que l’intégralité des faces B enrichies de quelques raretés. Au final plus de 60 titres quasiment tous indispensables, le tout pour une vingtaine d’euros. Un témoin privilégié du temps où les artistes britanniques régnaient sur la création (mais ont-ils seulement arrêté ?).
Michael Rochette
Michael Rochette
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