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Bad religion : The Dissent Of Man
« Do you remember when we were young, adventure had no end ? ». Voilà les toutes premières paroles de ce nouvel album de Bad Religion, cuvée punk californien de 30 ans d'âge. Un millésime...
Dans le milieu, on les appelle Les Parrains. Ce sont eux qui ont tout inventé, mis du soleil dans le ciel ombragé du punk importé d'Angleterre, des mélodies sucrées dans les glaviots propulsés sur les trottoirs. 2010, c'est leur grande année anniversaire. 30 ans. Et toujours autant d'énergie.
Pour la blague, on pourrait dire que la seule chose qui change entre les albums de Bad Religion, c'est la pochette. Ce qui ne serait pas totalement faux. Mais le groupe est constant du bon côté des choses. Outre un songwriting toujours inspiré (rappelons que le chanteur a quand même une identité secrète de prof d'Université), on retrouve des envolées dans tous les sens, des « oh-oh » dans tous les coins pour faire lever les poing et titiller les cordes vocales en concert. En cela, le trio d'ouverture fait parfaitement le boulot, « The Day That The Earth Stalled », « Only Rain » et « The Resist Stance » déboulant aussi rapidement que des filles de 12 ans à une séance dédicace de Justin Bieber au magasin Petit Bateau.
Un début de folie donc, calmé dès « Won't Somebody ». C'est que même avec l'aide de la petite pilule bleue, les papys du punk auraient fini par se déboîter une hanche à force de bourriner comme ça. Les titres mid tempo viennent rappeler l'amour de Bad Religion pour les arrangements et les refrains impeccables. Plus la galette défile, et plus on se dit que cet album cherche à faire le bilan des 30 années passées, réutilisant tous les ingrédients, toutes les influences qui ont jonché le parcours du groupe californien. On a du riff entêtant (« Pride And The Pallor »), des choeurs à tiroir (« Wrong Way kids ») et même du solo pas frimeur et efficace qui va bien sur la terrible « Avalon », qui s'impose dès la première écoute comme le titre majeur de l'album, et risque bien de se tailler une jolie place dans les futurs concerts.
Difficile d'ailleurs de retomber après une telle envolée, et c'est toute la fin de l'album qui va essuyer les plâtres. Même si le dernier titre pop « I Won't Say Anything » n'est pas désagréable, force est de constater que le soufflet retombe sévèrement. En mettant 15 titres, Bad Religion perd beaucoup de l'efficacité terrible qui prenait les enceintes en otage durant les premières minutes, avec des titres qui n'auraient dû rester que des b-sides (ou même des c-sides) dans la carrière du groupe. Une perte de rythme qui empêche The Dissent Of Man de devenir un opus ultime dans leur discographie. Mais l'effort de faire un nouvel album reste toutefois bien plus louable qu'un best of ou compilation de fausses raretés. Choses que Justien Bieber devrait sortir pour ses 18 ans, en même temps que le volume 3 de sa biographie...
Sébastien Delecroix
Sébastien Delecroix
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