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Beyoncé : I Am… Sacha Fierce ( Sony/BMG )
Deux albums, deux personnalités, deux noms… Beyoncé Knowles serait-elle devenue le Janus du R&B ? Plus de peur que de mal, la belle américaine est encore loin de devoir passer la camisole de force. Côté musique, par contre, elle semble s’être perdue dans un long, très long labyrinthe…
Il y a quelques mois, Beyoncé expliquait les raisons de son double album, I Am… d’un côté et Sacha Fierce de l’autre : « Sasha Fierce est mon alter ego. […] Elle est marrante, plus sensuelle, plus agressive, plus expressive et plus glamour. C'est pourquoi la moitié de l'album ‘I Am…' est sur qui je suis sous tout ce maquillage, ces lumières et toute cette excitation. »
Les six titres du premier album (six titres, on appelle ça un EP, non ?) seraient donc le reflet de la « vraie » Beyoncé, sans fard, au naturel. La demoiselle a donc co-écrit presque tous les titres de son double album. Cela donne de très belles ballades R&B comme If I Were A Boy et Halo où la belle fait montre de tout son coffre et de l’étendue de ses performances vocales. Ou au contraire, le doux Satelites, écrin de choix pour une voix poudrée et cristalline. Difficile d’être aussi élogieux sur les très sirupeux Disapear et Broken-Hearted Girl. Encore moins sur le risible Ave Maria. N’est pas Withney Houston qui veut et Beyoncé a beau être une chanteuse hors-pair, ses productions lancinantes ont du mal à convaincre.
Second opus et seulement cinq morceaux à se mettre sous la dent. Mais c’est l’album de Sacha, l’alter-ego alors ça promet d’être hot, sexy et dansant ! Single Ladies (Put A Ring On It) comble tout ces espoirs. Energique, sensuel tout en étant assez simple et dépouillé dans la forme (comme le clip qui l’accompagne), Ce titre est un hit en puissance. Plus hip-hop sur Diva et sur Video Phone, elle fait onduler sa voix avec son sex-appeal habituel. Les productions signées Sean Garrett (Ciara, Chris Brown) et Shondrae Crawford (Ludacris, Kelis, Snoop Dogg) mettent l’accent sur la rythmique et forcent ainsi la chanteuse à développer d’autres aspects de son magnifique organe vocal. Ce qui n’est pas du tout le cas sur les trop électroniques Radio et Sweet Dreams, qui poussent Beyoncé à brailler pour se faire entendre.
Peu de titres au total et encore moins de bons morceaux à se mettre sous la dent. La version Deluxe offre cinq bonus tracks supplémentaires. Mais est-ce suffisant pour faire l’impasse sur les multiples déceptions ?
Adeline Lajoinie
Lajoinie Adeline
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